Le simple fait de franchir le seuil d’un hôtel particulier place Vendôme suscite l’émerveillement : l’harmonie solennelle de la place, ses façades majestueuses dessinées par Jules Hardouin-Mansart sous le règne de Louis XIV, le prestige des joailliers installés parfois depuis plus d’un siècle. À l’occasion des Journées Particulières de LVHM, les visiteurs découvriront plus encore : les salons historiques de
Chaumet, situés dans l’Hôtel Baudard de Saint-James, mais aussi des pièces anciennes et des démonstrations de savoir-faire. Le joaillier, qui figure parmi les 25 maisons du groupe ouvrant leurs portes au public les 15 et 16 octobre, offre ainsi une visite patrimoniale autant qu’une véritable immersion dans l’histoire du goût parisien.
Face à face dans le vestibule, les portraits des deux impératrices Joséphine et Marie-Louise, parées de joyaux et vêtues de leur costume de cour, accueillent l’hôte des lieux. Dans le grand salon, conçu en 1777 par l’architecte François-Joseph Bélanger, le regard est immédiatement happé par la vue de la colonne Vendôme à travers les hautes fenêtres, mais aussi par les colonnes corinthiennes qui lui répondent à l’intérieur, se reflétant à l’infini dans les miroirs.
« C’est à la fois le grand classicisme français et l’apogée du style Louis XVI », remarque Béatrice de Plinval, conservateur du Musée
Chaumet en charge du patrimoine. « La beauté des perspectives, l’harmonie de couleurs, la qualité des marqueteries, des peintures, de l’architecture… Ce lieu invite à la sérénité autant qu’à l’émotion », ajoute-t-elle. C’est ici que Frédéric Chopin composa sa dernière œuvre, la Mazurka op. 68 n° 4, avant de s’éteindre deux mois plus tard, en 1849.
En 1907 s’installe
Joseph Chaumet, joaillier maître dans l’art de couronner les têtes. Le diadème est en effet une grande spécialité de la maison qui expose dans un deuxième salon une partie de sa collection unique de maquettes en maillechort (alliage de cuivre et d’étain). Ces dernières y côtoient certaines des plus belles réalisations anciennes : le diadème Empire « épis de blé », le diadème Bourbon-Parme de la Belle Époque ou encore une aigrette « soleil levant », toutes témoignant de la délicatesse du style
Chaumet.
Un raffinement qui s’accompagne d’une grande créativité, comme peut constater le visiteur dans le Cabinet des dessins ou grâce aux démonstrations réalisées dans le Salon des perles. Le chef d’atelier Pascal Bourdariat et les artisans y dévoilent les secrets de fabrication d’un diadème, du dessin jusqu’au polissage, sans oublier le sertissage des pierres. Des gestes d’initiés qui perpétuent les précieux savoir-faire de la haute joaillerie.
Salons Chaumet 12, place Vendôme 75001 Paris. Visite de 45 mn les 15 et 16 octobre, de 10h30 à 19h.