Cinéma
Wim Wenders a filmé le travail de la chorégraphe Pina Bausch à la fin de sa vie. Il inaugure le premier film du genre en 3D.
LE COUP DE COEUR
« Pina »
Wim Wenders a filmé le travail de la chorégraphe Pina Bausch à la fin de sa vie. Il inaugure le premier film du genre en 3D.
Rien de plus périlleux que filmer la danse. Difficile en effet de rendre la beauté des corps et l’émotion qui émanent d’une scène. En utilisant la 3D, le cinéaste Wim Wenders offre un spectacle d’un nouveau genre et parvient à dépasser ces obstacles. Ami de Pina Bausch, il avait commencé à travailler avec la chorégraphe allemande sur ce film quelques mois avant sa mort soudaine en juin 2009. Cet opus est d’autant plus émouvant que les danseurs ont décidé de continuer l’aventure, de parler d’elle, de son rapport au corps, de son univers. Emaillé d’extraits d’anciens spectacles
mais aussi de chorégraphies inédites dans les rues de la ville de Wuppertal, son fief, « Pina » est un hommage magnifique à la plus grande chorégraphe de sa génération. Proximité, intimité, relief et précision : la 3D offre un nouveau langage et montre que cette technique ne révolutionne pas uniquement les films d’animation. Un voyage étonnant, vivant et sensuel.
« Pina » de Wim Wenders
Sortie le 6 avril
L'OVNI
« Essential Killing»
Le réalisateur polonais Jerzy Skolimowski signe un film déroutant sur la survie d’un soldat taliban en cavale, incarné par un Vincent Gallo magistral.
Visage marqué, yeux écarquillés, corps décharné, Vincent Gallo réalise une nouvelle performance en incarnant Mohammed, le personnage clé du film
« Essential Killing ». Soldat taliban, Mohammed est capturé en Afghanistan par l'armée américaine et s’échappe lors de son transfert vers une base militaire en Europe de l’Est. Commence alors une lutte pour la survie et une chasse à l’homme extrême dans une forêt dangereuse. Ici, les loups rôdent et attaquent, la violence est inévitable, la fuite impossible. Le spectateur, lui, est happé par les
paysages oppressants et hostiles. Toute la réussite de ce film étrange (mais qui n’est nullement politique) est d’avoir un pied dans la réalité la plus brutale, l’autre dans le rêve et l’onirisme (de nombreuses scènes proviennent d’hallucinations de Mohammed). Durant tout le film, Vincent Gallo ne prononcera pas un mot. « Essential killing » n’en est pas moins fort, percutant et inattendu.
« Essential Killing » de Jerzy Skolimowski
Sortie le 6 avril
LA PARODIE
« Les Aventures de Philibert, capitaine puceau »
« OSS 117 » en version film de cape et d’épée, cela donne « Les Aventures de Philibert, capitaine puceau ». Un bon divertissement.
D’une naïveté à faire pâlir les plus calculateurs et muni de sa besace d’artichauts, Philibert (en réalité Eudes, Comte Bérendourt de Saint-Avoise) galope vers la Bourgogne à la recherche de l'assassin de son vrai père Fulgence Bérendourt de Saint-Avoise. « Les Aventures de Philibert, capitaine puceau » devraient ravir les adeptes d’ « OSS 117 » tant Philibert et Hubert Bonisseur de la Bath ont des points communs. Et pour cause. Réalisé par Sylvain Fusée (« Groland »), ce film réunit Jean-François Halin (à qui l’on doit le fameux « OSS 117 ») et Karine Angeli (« Brice de Nice ») qui signent un scénario aussi réjouissant que truffé de second
degré. Cette parodie de film de cape et d’épée est avant tout portée par un Jérémie Renier qui, s’il n’a pas la carrure d’un Jean Dujardin, s’en sort plutôt bien. On aura rarement vu un personnage aussi candide, aussi prude, aussi idéaliste. A ses côtés, Manu Payet et le diabolique Alexandre Astier
(« Kaamelott ») déploient une belle énergie. Si l’humour est moins décapant que dans « OSS 117», le film reste drôle et divertissant.
« Les Aventures de Philibert, capitaine puceau » de Sylvain Fusée
Sortie le 6 avril
Isabelle Courty
06/04/2011