Cinéma
Un thriller à l’atmosphère terriblement angoissante habilement mis en scène et porté par l’excellente Valérie Bonneton à la frontière de la folie.
LE COUP DE COEUR
« Propriété interdite »
Un thriller à l’atmosphère terriblement angoissante habilement mis en scène et porté par l’excellente Valérie Bonneton à la frontière de la folie.
Il y a quelques mois « Les Petits mouchoirs » révélaient Valérie Bonneton. Une actrice dotée d’un incroyable sens comique. La voici extrêmement convaincante dans un tout autre registre. Elle incarne Claire, qui après le suicide de son frère, retourne avec son mari (Charles Berling) dans la maison familiale. Leur décision est prise : ils vont la rafraîchir et la revendre au plus vite. Mais Claire est persuadée que quelqu’un d’autre vit dans la demeure... « Propriété Interdite » est un film étrange qui flirte avec le surnaturel, le fantastique et qui du
début à la fin vous angoisse, vous serre le coeur jusqu’au malaise. Le plancher qui craque, les éléments inexpliqués, les ombres et les voix mettent à l’épreuve ce couple (et le spectateur !) avec une grande habileté. Avec ce troisième film, Hélène Angel (« Peau d’homme coeur de bête ») parvient à créer une atmosphère particulièrement effrayante et à nous tenir en haleine de bout en bout.
« Propriété interdite » d’Hélène Angel
Sortie le 19 janvier
I.C.
LE DRAME MYSTIQUE
« Au-delà »
Clint Eastwood s’interroge sur l’au-delà et signe un film mystique - avec Cécile de France et Matt Damon - qui croise le destin de trois personnages. Décevant.
Hanté par la mort Clint Eastwood ? Son 31eme long métrage la frôle, la côtoie, l’interroge mais résonne pourtant comme un hymne à la vie. Dans ce film choral vont se croiser et se rencontrer Marie (Cécile de France), une journaliste française rescapée du tsunami, le jeune Marcus hanté par la mort de son frère jumeau et George (Matt Damon) qui, vit avec une malédiction : il communique avec les défunts. Ces trois êtres entretiennent un rapport étroit, complexe et douloureux avec la mort au point de ne plus parvenir à vivre. Si les premières minutes (la
reconstitution du tsunami) sont époustouflantes, le film s’enlise vite et perd sa dynamique initiale. La rencontre des trois personnages paraît un brin forcée et l’on est surpris de voir le grand Clint Eastwood tomber du côté du mélo sentimental. Restent toutefois de belles scènes de cinéma (celle poignante entre Matt Demon et Bryce Dallas Howard) et quelques belles surprises scénaristiques.
« Au-delà » de Clint Eastwood
Sortie le 19 janvier
I.C.
LE DRAME SULFUREUX
« Gigola »
Après une brève apparition dans la série « Gossip Girl », Lou Doillon revient au cinéma en lesbienne des années 60.
Laure Charpentier revendique son homosexualité jusque dans ses romans depuis 1972, date de l’écriture de Gigola. Censuré, son livre ne sera publié que trente ans plus tard. Dans la foulée, Laure Charpentier s’est improvisée cinéaste et a adapté son roman au grand écran. Qui est Gigola ? Devant la caméra, il s’agit de Lou Doillon. La belle it-French-girl se transforme en garçonne sixties farouchement lesbienne et légèrement proxénète sur les bords. Elle se fait entretenir par des femmes d’âge mûr, boit scotch sur scotch, fume cigarette sur cigarette et traîne dans les clubs gays de Paris.
C’est tout ? A peu près. La vie de Gigola faussement dramatique (elle a perdu son amour de jeunesse) peine à toucher ou à choquer. La mise en scène très gauche (plans mal maîtrisés, décor en carton-pâte), les seconds rôles (Thierry Lhermitte en joueur invétéré) et les dialogues bancals ne sauvent malheureusement rien. Un film à oublier pour le bien de Lou Doillon… et du cinéma.
« Gigola » de Laure Charpentier
Sortie le 19 janvier 2011.
M.A.G
Isabelle Courty, Marie-Aurélie Graff
19/01/2011