« The Tree of Life » déchaîne les passions. Après visionnage, pas de demi-mesure possible, on adore ou on déteste. Cannes a hué le film à sa projection en compétition officielle et seuls quelques rares journalistes l’ont défendu, argumentant : « Malick ça ne se raconte pas, ça se vit ». En effet, l’histoire ne peut se raconter car elle est tout bonnement inexistante. Si Terrence Malick n’a plus à prouver sa maîtrise parfaite de la photographie, nous offrant encore une fois un spectacle d’une beauté visuelle époustouflante, le délire philosophico-religieux sur fond d’histoire de famille de son « Tree of Life » en laissera plus d’un sur le carreau. En vrac, comme son film, les idées vont et viennent dans un montage ampoulé, lourd, lent, voire soporifique. L’amour, la vie, la mort, l’éducation, les dinosaures, Dieu, la création, l’espace… pourquoi ? Pour nous donner une leçon de cinéma sans doute, mais sans plus. Oui, Terrence Malick est un maestro de l’image, non, il n’est pas (un) Dieu ! Nous raconter pendant 2h18 (qui en paraissent 5) l’histoire de la vie sur toutes ses coutures - et paradoxalement de façon aussi décousue - ne pourra impressionner que les amoureux inconditionnels de Terrence Malick, ceux qui vouent un culte aveugle à son cinéma depuis ses débuts avec « La Balade Sauvage ». Les autres ne pourront même pas se contenter de la prestation de Brad Pitt en père autoritaire (dans un rôle qui lui va, certes, comme un
gant mais qui reste relayé au second plan) et des 15 minutes à l’écran offertes à Sean Penn… Prétentieux et décevant.
« The Tree of Life » de Terrence Malick, sortie le 17 mai.