Cinéma
La vie d’une famille bascule lorsque le père découvre une valise de cocaïne et décide, avec sa femme, de dealer. Décalé et drôlissime !
LE COUP DE COEUR
« Une pure affaire »
La vie d’une famille bascule lorsque le père découvre une valise de cocaïne et décide, avec sa femme, de dealer. Décalé et drôlissime !
Triste bilan pour les Pelame. David (l’excellent François Damiens) n’a jamais eu la carrière d’avocat dont il rêvait et Christine (Pascale Arbillot) vient de se faire licencier. Le couple est enlisé dans le quotidien tandis que les enfants entrent en pleine adolescence. Lorsque le soir de Noël, David découvre une valise pleine de coke il décide... de dealer. Et ça marche ! Comédie sociale politiquement incorrecte inspirée de « Poudre », une nouvelle anglaise de Matthew Kneale, « Une pure affaire » repose sur un scénario efficace et
bien senti, des scènes drôlissimes (du dîner de Noël à la convocation chez les flics), et sur un duo d’acteurs vraiment en osmose. Qui mieux que François Damiens pouvait incarner ce loser à la vie étriqué ? Pascale Arbillot insuffle une incroyable énergie à son personnage à la fois drôle et touchant. Les seconds rôles ne sont pas en reste : de Didier Sandre à Laurent Laffite, en passant par l’excellent Nicolas Marié et le sadique Gilles Cohen. Un pur moment !
« Une pure affaire » d’Alexandre Coffre
Sortie le 2 mars
LE THRILLER
« Sans identité »
Un thriller bien ficelé mené tambour battant. Un dénouement des plus surprenants. Diane Kruger et Liam Neeson au diapason. Une réussite !
Son rôle est assez proche de celui de « Taken » mais le costume lui sied à merveille. Liam Neeson incarne le docteur Martin Harris qui débarque à Berlin avec sa femme pour donner une conférence. Après un terrible accident de voiture, il se retrouve seul à l’hôpital. Sans papiers, il s’aperçoit qu’un autre homme a pris son identité. Même sa femme affirme ne pas le reconnaître. Aux côtés de Gina (Diane Kruger), il tente de trouver des explications et d’échapper à ceux qui veulent l’éliminer. Après le film d’épouvante « Esther », le réalisateur espagnol
Jaume Collet-Serra s’essaye avec succès au thriller, avec cette adaptation du roman de Didier Van Cauwelaert « Hors de moi ». Diablement efficace et truffé de rebondissements, « Sans identité » nous tient en haleine d’un bout à l’autre. Hormis quelques scènes poussives (une improbable course poursuite dans Berlin), le scénario tient la route et l’action et le supsens sont au rendez-vous. Quant au dénouement, il est tout simplement bluffant !
« Sans identité » de Jaume Collet-Serra
Sortie le 2 mars
LE FILM DE SCIENCE-FICTION
« Never let me go »
Un film étrange d’où l’on sort le coeur serré sans être vraiment convaincu par les personnages incarnés par Keira Knightley, Carey Mulligan et Andrew Garfield.
Tout commence dans un pensionnat idyllique dans la campagne anglaise. Focus sur trois enfants que l’on retrouve une dizaine d’années plus tard. Lorsque l’on comprend que ces êtres sont en fait des clones élevés dans le but de donner leurs organes, notre sang se glace. Après trois ou quatre dons, ils mourront. Ils le savent. Adapté de « Auprès de moi toujours » de Kazuo Ishiguro, ce film de science fiction aborde l’angoissante question du clonage humain. La musique, l’ambiance et la tristesse qui se dégage des acteurs (surtout de
Carey Mulligan, bouleversante) serrent le cœur. Et pourtant, l’impression de ne pas entrer complètement dans le film, de ne pas être touché par cette histoire, reste omniprésente. Peut-être parce que Mark Romanek, en choisissant de s’appesantir sur la romance du trio, s’éloigne de la question centrale du clonage. On compatit sans vraiment comprendre la résignation de ces êtres. Mitigé.
« Never let me go » de Mark Romanek
Sortie le 2 mars
Isabelle Courty
02/03/2011