L'étrangère, Le chaperon rouge, Et soudain le monde me manque
Récompensé par de nombreux prix, le premier film de la réalisatrice autrichienne Feo Aladag dresse le portrait bouleversant d’une femme insoumise luttant pour sa liberté.
LE COUP DE COEUR
« L'étrangère »
Récompensé par de nombreux prix, le premier film de la réalisatrice autrichienne Feo Aladag dresse le portrait bouleversant d’une femme insoumise qui lutte pour sa liberté.
Longtemps on se souviendra d’Umay, de ce visage émacié, de ce corps frêle qui supporte pourtant la dureté et la violence sans jamais faiblir. D’origine turque Umay est mariée à un homme qui la maltraite. Elle décide alors de quitter le domicile conjugal avec son fils et se réfugie chez ses parents en Allemagne, où elle pense trouver réconfort, amour et sécurité. Pourtant, écrasés par le poids des codes et des valeurs de leur communauté, ces derniers ne peuvent accepter le choix de leur fille et refuse de lui tendre la main. La violence continue pour Umay qui va tenter de s’en sortir tout en essayant de renouer avec sa famille...
Le portrait que dessine la jeune réalisatrice Feo Aladag est saisissant. Umay, magnifiquement interprétée par la jeune Sibel Kekilli bouscule les valeurs, se révolte et refuse d'accepter la soumission. Qu'importe les conséquences douloureuses. Porté par un scénario sans manichéisme et d’une extrême sensibilité, ce premier film d’une grande force, maintes fois récompensé à juste titre, bouleversera le spectateur.
« L’Etrangère » de Feo Aladag
Sortie le 17 avril
I.C.
LA COMEDIE
« Et soudain tout le monde me manque »
Le duo Michel Blanc et Mélanie Laurent sous-tend cette comédie sympathique sur les rapports familiaux. Un bon divertissement.
Comédie familiale légère et sans prétention, « Et soudain tout le monde me manque » réunit un joli casting d’acteurs, de Mélanie Laurent à Michel Blanc en passant par Géraldine Nakache, Guillaume Gouix et Manu Payet. L’histoire ? Celle d’Eli (Michel Blanc), un père de 60 ans qui annonce à ses deux filles qu’il va bientôt être de nouveau papa. Avec une maladresse incommensurable, il tente de renouer avec la cadette, Justine (Mélanie Laurent), et décide tout simplement de s’immiscer dans sa vie... Des scènes très drôles, un scénario enlevé, cette comédie oscille entre rire et émotion.
La réalisatrice Jennifer Devoldère (« Jusqu’ à toi ») ausculte avec justesse les liens familiaux. Chacun s’y retrouvera dans les rapports pères/filles. Peu habituée aux comédies, Mélanie Laurent est touchante et joue sur le bon mode. Michel Blanc, lui, dans le registre de la maladresse et de la tendresse, nous séduit dans le rôle de ce père aussi aimant que gauche.
« Et soudain tout le monde me manque » de Jennifer Devoldère
Sortie le 17 avril
I.C.
LA ROMANCE GOTHIQUE
« Le Chaperon Rouge »
Après « Twilight », Catherine Hardwicke s’attaque à la légende du petit Chaperon Rouge. Verdict ? Un nouveau casting, mais aucune originalité. Décevant.
A l’instar de Sofia Coppola, Catherine Hardwicke a fait de l’adolescente son héroïne de prédilection. Elle l’a prouvé avec l’excellent « Thirteen », avant de s’attaquer à la saga romantico-commerciale «Twilight ». Aujourd’hui, elle réalise « Le Chaperon rouge », adaptation libre de la légende éponyme. Ici, plus de vampires mais toujours des loups-garous, tant et si bien qu’on se croirait dans une version dérivée de « Twilight ». Le gentil lycanthrope Taylor « Jacob » Lautner est ici remplacé par le grand méchant loup du fameux conte de notre enfance et Kristen « Bella » Stewart par la douce - et plus expressive - Valérie, alias Amanda Seyfried. Même
décor froid, même triangle amoureux, mêmes dialogues un peu poussifs, Catherine Hardwicke l’a bien compris, on ne change pas une formule qui gagne. Seule nuance : « Le Chaperon Rouge » s’offre toutefois une certaine sensualité (sans jamais voir le loup) toute burtonienne. En somme, la jeune fille pré-pubère sera aux anges, les puristes du conte de Perrault, seront, eux, juste passablement amusés. Choisissez votre camp.
« Le Chaperon Rouge » de Catherine Hardwicke
Sortie le mercredi 20 avril
M.A.G.
Isabelle Courty, Marie-Aurélie Graff
20/04/2011