Cinéma
Lumineux et inspiré, « Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois a été couronné du Grand Prix lors du dernier Festival de Cannes. Somptueux.
LE COUP DE COEUR
"Des hommes et des Dieux"
Lumineux et inspiré, « Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois a été couronné du Grand Prix lors du dernier Festival de Cannes. Somptueux.
Xavier Beauvois (« Selon Mathieu », « Le Petit lieutenant ») aurait pu signer un film sobrement historique : les derniers mois des sept moines du monastère de Tibérhirine avant leur enlèvement et leur assassinat par des islamistes algériens en 1996. Il fait plus. Bien plus. « Des hommes et des dieux » tient du miracle tant il fait ressentir au plus profond la foi de ces moines, l’esprit de paix et de charité qui jusqu’au bout les guida. Avec une grâce infinie et un sens remarquable de l’épure, le cinéaste filme, au rythme des chants et des prières,
la vie quotidienne de cette communauté, leurs relations avec la population. Il saisit au plus près la mise à l’épreuve de leur foi face à la menace grandissante. Une des scènes les plus marquantes est celle où les moines partagent du vin au son du « Lac des cygnes ».
Longtemps on se souviendra des regards de Lambert Wilson, Michael Lonsdale et de tous ceux qui ensemble n’ont jamais fléchi dans leur croyance. Lumineux et inspiré.
« Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois
Sortie le 8 septembre
LE FILM DEJANTÉ
"Twelve"
Entre Bret Easton Ellis et Gus Van Sant, Joël Schumacher dresse un portait cru d’une jeunesse en perdition.
Parents absents, argent facile, la jeunesse dorée new-yorkaise de l’Upper East Side noie son désenchantement dans la drogue et l’alcool. Lorsque le dealer du quartier White Mike (Chace Crawford héros de la série télévisée « Gossip girl ») débarque avec une nouvelle drogue ( le Twelve), les soirées de débauche prennent une tournure plus radicale. Après « Phone game » « Le fantôme de l’opéra », « Génération perdue », le réalisateur américain Joël Schumacher a adapté « Twelve »,
le roman signé Nick McDonnell qui connut un immense succès aux Etats-Unis. Portrait juste et cru d’une génération à la dérive dopée aux valeurs futiles et délaissée par des parents trop occupés à se divertir ou par leur job. Schumacher croque des jeunes filles à la Paris Hilton et offre un rôle à la lumineuse Emma Roberts, très convaincante en référence morale de ce groupe en perdition. Entre Bret Easton Ellis et Gus Van Sant, Joël Schumacher vise juste et s’en sort plutôt très bien.
« Twelve » de Joël Schumacher
Sortie le 8 septembre
PLUS CONFIDENTIEL
"Le Dernier été à Boyita"
Julia Solomonoff signe une belle chronique sensible de la fin de l’enfance portée par deux jeunes acteurs promis à un bel avenir…
Trop grande pour être considérée comme une enfant, trop jeune pour être vraiment une adolescente, Jorgelina est à la lisière, entre deux âges. Dans la maison de son père à la campagne, elle se lie d’amitié avec le jeune Mario qui très vite devient son complice. Bientôt il lui livrera un étonnant secret... Le film qui s’écrit à la hauteur d’enfant ( on adopte le point de vue de Jorgelina) explore les sentiments qui animent ces deux êtres en éveil. Julia Solomonoff, remarquée lors de son premier long métrage en 2005 "Hermanas", avance
en habile funambule sur le fil fragile de l’intimité et la sexualité naissante. Un sujet délicat fort bien balayé par la caméra pudique et suave de la réalisatrice. Avec un infinie douceur, elle offre également une peinture, tout en nuance, d’un monde rural à la fois très codifié mais extrêmement doux et paisible. Une belle chronique de la fin de l’enfance portée par deux jeunes acteurs formidables.
« Le dernier été à Boyita » de Julia Solomonoff
Sortie le 8 septembre.
Isabelle Courty
08/09/2010