Antidote aux Galeries Lafayette
Le feuilleton Antidote continue. Le 7e épisode vient de commencer à la Galerie des Galeries. Où l’on constate qu’avec le temps, l’exposition d’art contemporain initiée dans un même élan que la Force de l’art et portée par Guillaume Houzé a pris du galon.
Boule de neige,
Pierre Ardouvin, 2007.
Avant de devenir cet événement annuel où se presse religieusement le Tout-Paris avant la sacro-sainte FIAC, Antidote était avant tout un projet de collection. Celui de Guillaume Houzé, fou d’art contemporain et plus prosaïquement chargé de l’image des Galeries Lafayette, et de sa grand-mère, Ginette Moulin, la descendante du fondateur dudit groupe.
Cette affaire privée s’est rapidement commuée en vocation publique et, disons-le, engagée, puisque Guillaume Houzé a d’emblée choisi de faire la part belle aux artistes de l’Hexagone. On a vu des talents, tels que Tatiana Trouvé ou Laurent Grasso (tout deux lauréats du Prix Marcel Duchamp) précocement s’y illustrer. Et la notoriété d’Antidote aller crescendo.
Quoi de neuf cette année ? Saluons tout d’abord Patman, la joyeuse œuvre pourrissante à base de pâtes de soja et de colorant alimentaire jaune canari du pape incontesté du genre, Michel Blazy.
Délicate, ouatée, un peu triste c’est vrai, l’installation Boule de neige de Pierre Ardouvin s’avère toutefois plus engageante…
Les artefacts de Katinka Bock, métaphores de l’équilibre instable, mêlent de façon troublante les matières minérales (verre, terre crue, pierre, végétaux). Ici, c’est une saynète surréaliste de Marlène Mocquet, là une peinture de Mathieu Mercier datant de 2001 et voilà un collage de Niels Trannois… La jeune génération frenchie tient tête aux géants Rondidone, Veilhan, Lévèque.
Pour la petite histoire, sachez que le graphiste Jean-Marc Ballée a préempté certaines de ces œuvres appartenant au tandem familial pour leur aptitude à incarner un monstre ou un paysage narratifs. Il leur a donné un rôle dans son comics (douze pages incluses dans le premier catalogue de la collection Moulin-Houzé qui sort ces jours-ci). D’où son implication dans le commissariat et la présence contradictoire de ses planches originales dans l’exposition. Pas commun, mais Guillaume Houzé ne fait pas mystère de sa liberté. Il croit à l’ouverture et aux acquisitions dictées par l’instinct plutôt que par adhésion moutonnière à une chapelle. « C’est avec le temps qu’on saura si c’est bien ou pas, que l’on pourra porter un jugement », dit-il. A suivre…
Antidote, jusqu’au 7 janvier
A la Galerie des Galeries, 1er étage des Galeries Lafayette www.galerieslafayette.com
Sandra de Vivies
20/10/2011