Qu’est-ce qui caractérise la représentation de la danse par les artistes du vingtième siècle ?
Le XXème siècle est celui de la naissance de la danse moderne puis de la post modern dance, des pratiques du corps en mouvement libérées du ballet classique qui ont inventé une modernité avec les arts visuels, mais aussi parallèlement à eux. Grâce à Isadora Duncan, Nijinsky, puis Mary Wigman et Rudolf Laban par exemple, une danse libre est née. Elle a fasciné les artistes, de Rodin à Ernst Ludwig Kirchner.
De quelle façon les développements de l'art contemporain ont-ils influencé la pratique de la danse ?
La danse a influencé l'art contemporain dès la fin des années cinquante et surtout dans les années soixante, avec la figure d'Anna Halprin dont les "tasks" ont précédé les happenings d'Allan Kaprow. Les influences de l'un à l'autre n'ont depuis cessé, au point que danse et performance ont pu former une seule pratique au moment du Judson Dance Theatre à New York entre 1962 et 1966, lorsque l'artiste Rauschenberg se faisait danseur et chorégraphe. Un moment de fusion des arts qui se poursuit aujourd'hui avec Christian Rizzo et Tino Sehgal.
Une partie de votre exposition est consacrée au clubbing. Quel est votre regard sur la danse qui est pratiquée dans cet univers ?
Pour nous, la danse n'est pas seulement la danse chorégraphiée mais toutes les pratiques de danse, du bal populaire au vaudou, de la salsa à la techno. Nous
avons consacré une partie de l'exposition à ces formes populaires : l'installation vidéo d'Ange Leccia remixant des images de Saturday Night Fever sur un tube d'Eartha Kitt, le socle lumineux de Felix Gonzalez-Torrès sur lequel se produit un go-go dancer cinq minutes par jour ou les photographies de Wolfgang Tillmans qui nous plongent dans l'ambiance du clubbing.