Charlotte Perriand, la photo et le design
Le Petit Palais dévoile le lien fort qu’entretenait Charlotte Perriand avec la photo. Une facette méconnue de la pionnière du design, amoureuse de la nature et des lignes épurées.
© Archives Charlotte Perriand/ADAGP, Paris 2011
© Archives Charlotte Perriand/ADAGP, Paris 2011
© Archives Charlotte Perriand/ADAGP, Paris 2011
© Archives Charlotte Perriand/ADAGP, Paris 2011
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Charlotte Perriand : architecte, designer, créatrice de mobilier …
En 1927, Charlotte Perriand n’a que 24 ans lorsqu’elle est acclamée par la critique pour son « Bar sous le toit » en acier chromé et aluminium anodisé présenté au Salon d'automne. Quarante ans plus tard, en 1967, elle pense l’architecture et les aménagements d'intérieurs de la station de ski des Arcs en Savoie, projet qu’elle continuera jusqu’en 1986. Entre les deux, Charlotte Perriand se frotte à tous les métiers de la création.
…et passionnée de photographie.
C’est à travers un parcours de près de 500 œuvres (430 photos, 70 meubles) et documents articulés autour de la photographie que le Petit Palais présente cet aspect méconnu du processus de création de cette artiste hors normes. Les photos d’agences ou de photographes que Charlotte Perriand utilisait comme décor pour ses installations, les photos prises par elle-même ou ses proches, sont l’occasion de plonger dans l’intimité d’une femme sensible et de suivre son parcours.
Ses années de formation auprès des plus grands
Charlotte Perriand est dès le début de sa carrière remarquée par Le Corbusier et Pierre Jeanneret qui la font participer à leurs travaux d’équipement mobilier et aux aménagements intérieurs de leurs projets architecturaux. Elle côtoie aussi Jean Prouvé et Pierre Chareau, avec lequel elle crée l’Union des artistes modernes en 1929, présidée par Robert Mallet-Stevens.
Ses années de recherche : retour à l’art brut et naturel
Dans les années 30 Charlotte crée de nouveaux codes en s’intéressant aux objets les plus insignifiants qu’elle rencontre : corps organiques ou végétaux, vertèbre de poisson, bûche de robinier. La nature lui sert d’inspiration et assouplit ses lignes et ses formes. Le bureau Boomerang en 1938 en témoigne. Toujours à la recherche de la forme pure, parfaite et attirée par les grands espaces et la montagne, Perriand conçoit des maquettes d’architecture en harmonie avec cet environnement : un hôtel de haute montagne et deux refuges : le refuge Bivouac et le refuge Tonneau (1938).
Une artiste de la rupture
Les nombreuses pièces que nous connaissons, comme le Fauteuil tournant (1927) ou la Table extensible en tube métallique, rompent définitivement avec la tradition Art Déco du bois précieux. Plus tard, influencée par un long séjour en Extrême-Orient, notamment au Japon de 1940 à 1942, elle réalisera la Table en éventail ou la Table Gigogne qui marquent sa volonté d’épurer les formes et de donner aux objets fonction et ergonomie. Fini placards, armoires et bibliothèques ! La vision révolutionnaire de Charlotte Perriand, dès les années 1940, intègre les rangements dans l’espace dont l’apothéose est le Meuble de séparation de 1954.
Charlotte Perriand, de la photographie au design
Petit Palais, jusqu’au 18 septembre 2011, Av. Winston Churchill, 75008 Paris - www.petitpalais.paris.fr
Jean-Paul Bath et Claudia Yvars
12/05/2011