Damien Hirst, l’artiste Worldwide
C’est l’événement arty de ce début d’année. Le roi de l’art contemporain installe son monde des pois dans les 11 galeries Gagosian.


Damien Hirst, l’artiste contemporain le plus riche de la planète crée l’événement avec son complice de toujours, Larry Gagosian. Du 12 janvier au 18 février, les onze galeries Gagosian de New York, Londres, Paris, Los Angeles, Rome, Athènes, Genève et Hong Kong consacrent simultanément la totalité de leurs espaces à « The complete Spot Paintings 1986 – 2011 ». C’est une première qui ne va pas manquer de ravir tous ces admirateurs et richissimes collectionneurs (dont la famille royale du Qatar) et raviver la colère de ces détracteurs.
N’empêche, Damien Hirst est l’un des plus bluffants artistes internationaux actuels. Depuis le début des années 90 et ses premières expositions d’animaux géants, requins et autres veaux, vaches, moutons, coupés en deux et baignant dans le formol, exposés dans des aquariums démesurés, sa cote n’a cessé de grimper pour exploser tous les records de vente. Atteignant même 100 millions de dollars en 2007 avec For the Love of God, alias la réplique d’un crâne en platine d’un homme décédé au XVIIIème siècle incrusté de 8601 diamants. N’en déplaise aux critiques qui l’accusent d’entretenir lui-même la spéculation sur ses œuvres avec un groupe d'investisseurs, Damien Hirst est devenu multi-millionnaire à moins de 30 ans.
Sa série des spots paintings, initiée en 1986, est reconnue par tous comme l’une des œuvres emblématiques de l’art contemporain. L’idée forte de ce monde de pois ? Mettre en scène par une infinie de points, dont la couleur n’est jamais deux fois la même et dont la taille, parfois, ne dépasse pas 1 millimètre de diamètre, l'opposition entre l’extrême légèreté de ces pois et le vocabulaire angoissant des noms auxquels ils se réfèrent (valium, lexomyl...).
Faussement ingénu, forcément dérangeant. Pour la première fois, si vous avez envie - et le portefeuille - de faire un tour du monde de l’art en onze galeries, vous pourrez ainsi découvrir la série dans sa totalité. Les œuvres étant prêtées par des institutions publiques, des collections privées ou sorties toutes fraîches des trois ateliers de l’artiste où travaillent chaque jour ses 100 assistants, ceux qu’ils nomment ses ouvriers.
Pour ceux que le jet lag rebute, pas de souci, vous pouvez vous contenter d’un petit tour à la galerie parisienne et vous offrir le catalogue de l’expo, en attendant un aller-retour à Londres pour découvrir la première rétrospective majeure de Damien Hirst qui débutera en avril prochain à la Tate Modern. Bonne visite !
Gagosian Gallery
4 rue de Ponthieu
75008 Paris
Tél. 01 75 00 05 92
Du mardi au samedi de 11 h à 19 h
www.gagosian.com
Isabelle Lefort
19/01/2012