Maya, de l’aube au crépuscule
Des vases, des statuettes et des excentriques … c’est le nouveau pari de l’exposition Maya au Musée du Quai Branly. Un passage obligatoire pour tous les amoureux d’histoire précolombienne… mais pas seulement.
Tambour de céramique,
Classique récent (550-800 apr. J.-C.)
Tète d'oiseau en cuivre,
Woodbury et Trik, 1953:265
Urne effigie anthropomorphe en céramique,
préclassique récent
(400 av. J.-C.-100 apr. J.-C.).
Vase siffleur en céramique
Grand encensoir subcylindrique à couvercle
représentant un jaguar en céramique.
Postclassique
Le chemin qui mène aux portes du Musée du Quai Branly est initiatique. Il
permet de se dégager du brouhaha de la ville pour mieux pénétrer dans ces autres
mondes que ce haut lieu des Arts Premiers expose. L’expiation faite, nous voilà
fins prêts à entrer en communion avec l’autre… et de plonger dans une
atmosphère nouvelle.
Et pour ce qui est d’atmosphère, le Musée du Quai Branly sait faire. Pour
l’exposition "Maya, de l’aube au crépuscule", pas d’exception. Les
lumières tamisées nous mettent tout de suite au pas… Comme dans une forêt
interdite, on pénètre sur la pointe des pieds, longeant les pièces exposées
sous les consoles de verre dans un silence quasi religieux. Les collections
nationales Maya du Guatemala ici présentes ne sont pour la plupart jamais sorties
de leur territoire. L’instant est spécial. L’émotion, palpable.
Vase siffleur, encensoir au théâtre anthropomorphique, tambour, effigies,
plats, bijoux et sculptures… la richesse de la collection surprend d’abord par
la richesse des détails de ses pièces. Les traits sont précis (vases et plats),
les dessins minutieux et les sculptures très évocatrices (stèles, sifflets,
camahuils). Peu à peu, dans la pénombre des salles, l’esprit Maya commence à
nous pénétrer.
On se surprend à mieux "regarder" les œuvres présentées. En
s’affinant, notre regard découvre alors une société complexe qui vit au rythme
de la nature (système calendaire extrêmement précis), qui inventa un
extraordinaire système d’écriture - et est à ce titre considérée comme l’une
des 5 "civilisations fondatrices du monde"- et vivait en parfaite
connaissance et acceptation de la mort. Une société qui rendait compte de
l’origine du monde et se servait du sacrifice pour exalter le pouvoir de ses
sociétés.
Si l’exposition nous éclaire un peu plus sur la culture Maya du Guatemala,
elle est aussi un outil formidable que seuls les musées de ce type
possèdent ; par le biais d’un bond jusqu’au IIIème millénaire avant JC,
elle nous invite à regarder la différence avec intérêt et à repenser l’altérité
comme une source de connaissance émancipatrice. Trésor inestimable.
Musée du Quai Branly, Exposition Maya, du 21 juin au 2 Octobre 2011, www.quaibranly.fr
Fabienne Dupuis
28/07/2011