Open House à la Biennale de Singapour
« Open House », la 3ème Biennale de Singapour investit plusieurs lieux du dragon asiatique jusqu’au 15 juin. Elle appelle à un regard nouveau sur l’art contemporain.
I must go. Tomorrow, Ming Wong, 2010
© Ming Wong
Images from Wolfsburg series, Beat Streuli, 2007
© Beat Streuli
The Merlion Hotel, Tatzu Nishi, 2011
© Tatzu Nishi
The Merlion Hotel, Tatzu Nishi, 2011
© Tatzu Nishi
Compound, Sopheap Pich, 2011
© Sopheap Pich
The City and the Secret Panther Fashion, Istanbul, 2007
© Gülsün Karamustafa
Prada Marfa, Texas, Elmgreen and Dragset, 2005
© Elmgreen and Dragset
« Open House » : clin d’œil au passé ou vision futuriste ?
Ce nom vient d’une coutume locale qui consistait à ouvrir les portes de sa maison durant les fêtes traditionnelles. D’un point de vue artistique, c’est une invitation à s’ouvrir à l’art contemporain. Selon les
« curators », les artistes sont des vecteurs de la passation d’information, un lien entre les hiérarchies sociales et politiques. La Biennale de Singapour se reconfigure en une place mondiale, carrefour d’échanges artistiques, ouvrant sur plus de 150 œuvres réalisées par 63 artistes venus de 30 pays différents.
Le Musée devient HLM
Le Singapour Art Museum, situé dans le quartier résidentiel Housing Development board, joue les caméléons. Chaque lieu d’exposition est contenu dans un espace clos, ayant l’apparence d’un appartement, celui de l’artiste. Le visiteur pénètre ainsi dans son intimité, partage ses expériences personnelles et ses obsessions. Ainsi Gulsun Karamustafa a franchi la porte des gynécées d’Istanbul, découvrant l’univers secret d’une société de femmes animées d’une passion commune : le look panthère !
Cette fourmilière a-t-elle un visage humain ?
Elle essaye. En projection géante sur l’entrée du musée, une série de photographies du Suisse Beat Streuli livre une image surprenante et rafraîchissante des habitants de Singapour, poursuivant sa série de photos de passants réalisée dans le monde entier.
Le directeur artistique de la Biennale de Singapour, Matthew Ngui a demandé à plus de 3000 étudiants issus de 47 écoles primaires et secondaires de Singapour de dessiner leur autoportrait sans se représenter directement mais tels qu’ils se voient dans leur environnement. Les images s’enchaînent par un procédé de morphing, créant ainsi un paysage d’identités collectives, le SPOL,
« Self-Portrait, Our landscape ».
Carrefour d’échanges ou d’identités
Dans le « Old Kallang Airport », les œuvres répondent à l’idée de passage d'un lieu ou d’un état à un autre, à travers les frontières et les cultures, offrant alors de nouvelles perspectives. Adepte de cette transgression, Ming Wong reprend un grand classique de Pier Paolo Pasolini dans lequel il joue tous les personnages du film, masculins ou féminins.
2 œuvres OVNI à ne pas manquer
Avec son « Merlion Hotel », Tatzu Nishi reconstitue une chambre d’hôtel autour d’une sculpture publique : le Merlion, à tête de lion et corps de poisson. Comme si vous invitiez l’obélisque dans votre chambre à coucher !
Autre folie, les artistes Elmgreen et Dragset présentent leur « Marfa
Prada », sculpture installée en permanence en plein désert du Texas. Conçue pour ressembler à un magasin
Prada, avec chaussures et sacs à main, choisis et fournis par Miuccia
Prada elle-même, cette œuvre semble se demander jusqu’où ira l’empire des marques.
www.singaporebiennale.org
Claudia Yvars, Jean-Paul Bath
24/03/2011