Indian Highway IV à Lyon
Le Musée d’Art Contemporain de Lyon accueille " Indian Highway IV ", une exposition "road movie" qui dresse un panorama de l’art contemporain en Inde.
Courtesy de l'artiste et Hauser & Wirth, Zürich et Londres
An Absence of Assignable Cause,
Bharti Kher, 2007
Courtesy Galerie Lelong, Paris
Nalini Malani, Tales of Good and Evil, 2008
Courtesy In Situ, Fabienne Leclerc, Paris
Take Off Your Shoes and Wash Your Hands, Subodh Gupta, 2007
Vue de l'exposition Indian Highway IV, 24.02 au 31.07.2011 au macLYON
Courtesy Galerie Kashya Hildebrand, Zürich
Sumakshi Singh,
Détails Peel Till They Bloom, 2008
Bombay 8 feet x 12 fee,
Hema Upadhyay, 2009
Courtesy de l'artiste, GALLERIA CONTINUA, San Gimignano / Beijing / Le Moulin et Yvon Lambert, Paris, New York.
I Keep Falling at You,
Shilpa Gupta, 2010
Courtesy de l?artiste et Frith Street Gallery, Londres
Dayanita Singh,
Dream Villa 11, 2007- 2008
Un projet à l’image de l’Inde, dans la démesure et l’excès.
Pas moins de 2000 m² sont mis à la disposition de 31 artistes indiens afin qu’ils puissent dévoiler des œuvres monumentales inédites. Au contraire des expositions conventionnelles, ce projet "curatorial" répond à une nouvelle économie artistique conçue à l’échelle mondiale : itinérance sur plusieurs continents et interventions de nouveaux commissaires d’exposition dans chaque pays d’accueil.
Vers un record mondial de l’exposition itinérante.
Après Londres, Oslo et Herning, Indian Highway s’installe cinq mois à Lyon avant de repartir à Rome, Moscou, Singapour, Hong Kong, Sao Paulo et Delhi. A chaque étape, de nouveaux commissaires, de nouveaux artistes et de nouvelles configurations spatiales. Une autoroute artistique est en train de se construire à l’image des photos de Dayanita Singh, « Dream Villa », dévoilant des axes de circulations gigantesques répliqués à l’infini comme un motif de papier peint.
Pourquoi tant de commissaires d’exposition ?
Véritable « work in progress », Indian Highway offre des réinterprétations données par plus de dix commissaires d’exposition, proposant ainsi des dynamiques originales qui lui permettront de s’émanciper des réflexions passées et d’aller toujours plus de l’avant. Obsolètes les expositions traditionnelles avec un seul chef et une pensée
unique ! Ce nouveau concept d’exposition laisse place au partage des connaissances.
Alors que le street art accède tout juste à la reconnaissance en Europe, les artistes indiens seraient-ils déjà sur l’autoroute de l’information ?
La France a une vision assez traditionnelle des expositions, qui restent souvent attachées au cadre du musée. Reconnaître le street art est déjà une gageure. Alors utiliser le mot « Highway » dans le titre de ce projet indien, tient évidemment de la provocation. Sur ce continent, l’art explose. Physiquement, il s’expose en plein air dans des villes champignons, virtuellement, il envahit les médias et les nouveaux supports technologiques.
Indian Highway IV souligne la dualité d’un pays en pleine mutation en insistant sur l’impact des flux migratoires croissants dus à l’exode rural ainsi que sur la violence des rapports entre monde urbain et monde rural. Il en est ainsi par exemple, du camion carnassier de Titish Kallat ou des structures envahissantes de Prajakta Potnis, ou de Shilpa Gupta.
A ne pas manquer ! Une œuvre longue comme un film de Bollywood.
Une place importante est accordée à l’œuvre de l’artiste Subodh Gupta, « Take your shoes and wash your hands », exceptionnelle par sa taille (27 m de long). Subodh Gupta explore la culture de son pays à l’échelle mondiale sous l’impulsion de la croissance économique et de l’ambition matérielle. Le spectateur se trouve devant une œuvre surprenante avec le sentiment partagé d’être face à l’éloge d’une main d’œuvre bon marché ou face à une critique de la consommation de masse.
Indian Highway IV, jusqu’au 31 juillet, Musée d'Art contemporain de Lyon
http://www.mac-lyon.com
Aurore Schlumberger et Jean Paul Bath
03/03/2011