L’Orient des femmes selon Christian Lacroix
Christian Lacroix a rassemblé 150 costumes du Proche-Orient dans " L’Orient des femmes " au musée du quai Branly. Plus que de l’art vestimentaire, cette exposition révèle un parcours initiatique sur la condition féminine.
Robe enfant,
© Ministère de la Culture du Liban/Direction générale des Antiquités, photo C. Atallah
Robe de mariée, Christian Lacroix
© musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado
Burqa, voile de visage de bédouine, Christian Lacroix
© musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado
Robe de fête, Christian Lacroix
© musée du quai Branly, photo Grégoire Alexandre
Sakrouj, coiffe de Bédouine, Christian Lacroix
© musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado
Burqa, voile de visage de Bédouine, Christian Lacroix
© musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado
Quelle vision de l’Orient révèle cette exposition ?
En présentant 150 parures et costumes traditionnels du nord de la Syrie à la péninsule du Sinaï, le couturier Christian Lacroix retrouve
"la fiction chatoyante, hypnotique, des contes (…) d’un grand-père qui avait passé sept ans sur un bateau autour de la Méditerranée et avait envoyé une multitude de cartes postales illustrées de costumes locaux".
Avec la participation de Hana Chidiac, responsable des collections Afrique du Nord et Proche-Orient du musée du quai Branly, Christian Lacroix invente un parcours poétique dans l'art féminin du paraître et du fantasme.
Qui sont ces femmes ?
Christian Lacroix les décrit comme des "princesses et paysannes aquarellées". Des femmes de contrées lointaines, le croissant fertile, qui se transmettent leur savoir-faire de génération en génération. De leurs mains habiles, elles tissent, brodent, façonnent des manteaux, voiles, coiffes, et autres bijoux exceptionnels qui forment un patrimoine riche et racontent un récit autobiographique.
Vers une disparition de la couleur ?
Cet éventaire de souk ne pouvait se résumer à un simple parcours ethnographique, mais se devait également de souligner la disparition d’un patrimoine identitaire. Depuis les années 1830, les fréquents contacts avec l’Occident transforment les habitudes vestimentaires des orientaux et plus particulièrement des femmes.
Elles délaissent leurs tenues chatoyantes pour se parer de toilettes européennes aux teintes noires et blanches. Selon Hana Chidiac, la montée de l’Islam signera la fin de la femme séduisante et éclatante, convertie en femme voilée et sans attrait.
Un message ?
Celui de la liberté. Une étroite collaboration entre le regard aguerri de Christian Lacroix et l’expertise d’Hana Chidiac a permis à cette exposition de transmettre un espoir, symbolisé par la force de la couleur, et pérennisé dans les traditions qui ont permis à ces femmes de s’émanciper et d’exister.
A ne pas manquer ?
Présentée comme un bijou, une émouvante robe de petite fille du XIIIe siècle est dévoilée dès l’entrée de l’exposition. Cette pièce maîtresse, et la plus ancienne, provient du Musée national de Beyrouth.
" L’Orient des femmes vu par Christian Lacroix ", jusqu’au 15 mai 2011, musée du Quai Branly, 75015 Paris, www.quaibranly.fr
Aurore Schlumberger et Jean-Paul Bath
10/02/2011