Les filles de Mel Ramos
Mel Ramos est à l’honneur à l’Albertina de Vienne avec une première véritable rétrospective européenne de l’artiste américain. Pin-up et Pop Art au programme !
Study for: The Green Lantern, Mel Ramos, 1962
Sammlung Familie Leta und Mel Ramos, Courtesy LEVY, Hamburg & Berlin
© VBK Wien, 2011
Plenti-Grand Odalisque, Mel Ramos, 1973
Louis K. Meisel Gallery, New York
© VBK Wien, 2011
Captain Midnight, Mel Ramos, 1962
Sammlung Skot Ramos
© VBK Wien, 2011
Lucky Lulu Blonde, Mel Ramos, 1965
Louis K. Meisel Gallery, New York
© VBK Wien, 2011
Pha. White Goddess, Mel Ramos, 1963
Louis K. Meisel Gallery, New York
© VBK Wien, 2011
I still get a Thrill when I see Bill #3, Mel Ramos, 1978
Sammlung Familie Leta und Mel Ramos, Courtesy LEVY, Hamburg & Berlin
© VBK Wien, 2011
Pourquoi cette exposition maintenant ?
Pour célébrer les 50 ans du mouvement Pop Art et les 75 ans du peintre américain Mel Ramos, l’un de ses principaux représentants. L’exposition retrace chaque étape de sa carrière artistique, de la fin des années 1950 à nos jours, en proposant des toiles, des dessins et des sculptures.
Des pubs de cigarette à Velasquez, Mel Ramos est-il le roi du détournement ?
Dans son univers loufoque et enfantin, Mel Ramos détourne les symboles de la société américaine des années 60, de la bouteille de Coca au paquet de cigarettes, qu’il peint en association à de sulfureuses blondes dévêtues (les fameuses pin-up). Car la Californie des années 60 est surtout le paradis des images. Images éclatantes d’Hollywood et des publicités géantes qui s’étalent le long des routes, images qui témoignent de l’émancipation de la femme… ou de son aliénation. Mel Ramos s’inspire aussi des comics. Dans ses œuvres, les super héros de Marvel comme Captain America et autres Wonder Women prennent une toute autre dimension, comme en témoigne l’œuvre « Captain Midnight ».
Ramos, Super-Ramos, Méga-Ramos ?
Mel Ramos, véritable Russ Meyer des arts plastiques, va toujours plus loin en réinterprétant les chefs-d’œuvre de maîtres comme Modigliani ou Monet.
Il propose même des versions de Velasquez totalement décalées, américanisées, repeuplées de pseudo-Marilyn avantageuses.
Comment classer cet iconoclaste ?
La sensualité de Mel Ramos, né en 1935 à Sacramento en Californie, s’inscrit dans la génération de la West Coast School. Sous l’influence de son chef de file Richard Diebenkorn, cette école a toujours accordé une place privilégiée à la figure humaine. En 1964, Mel Ramos expose en solo à la Bianchini Gallery de New York et en 1967, le MoMA de San Francisco lui consacre une importante exposition. Suivront ensuite une tournée aux Etats-Unis et en Europe où de nombreux musées souhaitent lui rendre hommage… et profiter de son aura médiatique. Critique ironique des clichés véhiculés par la publicité, ses nus apparaissent dans une lumière vive, des couleurs sirupeuses… Un second degré à déguster comme une glace Baskin Robbins.
Mel Ramos, « girls, candies and comics », jusqu’au 29 mai, musée Albertina de Vienne
http://www.albertina.at/
Jean-Paul Bath
24/02/2011