Cap sur Art Basel Miami
Du 2 au 5 décembre, l’art contemporain a envahi Miami pour la 9e édition de sa foire d’art contemporain auto-proclamée « le plus prestigieux art show des Amériques ». Tour d'horizon.
La Riviere de Vodka
Fyodor Pavlov-Andreevich
Fishing Net,
Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla,
Galerie Chantal Crousel, 2010
Contraband, Taryn Simon,
Galerie Almine Rech, 2010
Untitled (Menorrhagia), Piotr Uklanski,
Galerie Emmanuel Perrotin, 2008
Educate, Agitate, Organize, Andrea Bowers,
Galerie Andrew Kreps, 2010
Piquanteagle, John Chamberlain,
Anthony Meier Fine Arts, 2009
Où en est-on ?
Après avoir été un moment considérée comme réservée aux retraités et nouveaux riches d’Amérique latine, avec le bon goût que l’on peut imaginer, la foire de Miami commence à s’imposer sur la scène contemporaine internationale. Le partenariat avec Art Basel y est pour beaucoup et c’est une revanche
incontestable pour le vieux continent d’être encore la référence sur un marché où l’on croise plutôt Chinois, Américains ou Indiens. Entre deux baignades, 40 000 visiteurs y ont découvert plus de 2 000 artistes défendus avec passion par 250 galeries venues du monde entier.
Quoi de neuf ?
Quelques nouveaux venus à voir comme Gary Snyder (qui n’est pas le poète américain de la Beat Generation, mais le courtier en art spécialisé dans les peintres modernes américains), les galeries Leslie Feely Fine Art de New York ou La Ruche de Buenos Aires.
Mais le ciel bleu aidant, la particularité de Miami reste ses grandes installations en plein air. Le secteur baptisé « Art Public » a ainsi exposé de nombreux projets entre vieille ville et bord de mer. Une sélection originale, sous la houlette du
« curator » Patrick Charpenel de Guadalajara.
Le projet le plus fou ?
L’artiste russe Fyodor Pavlov-Andreevich, qui a créé une rivière de vodka Beluga avec cascade et nymphettes russes vêtues de robes constructivistes chantant des légendes folkloriques, dans « Artpublic » sur l’Oceanfront. Une installation présentée par la galerie Luciana Brito de Sao Paolo, qui expose en ce moment Marina Abramovic.
Les galeries parisiennes ?
On a noté la présence de la galerie Almine Rech, de la très dynamique galerie Emmanuel Perrotin, qui a présenté notre Xavier Veilhan national - mieux connu du grand public après son exposition à Versailles - mais aussi un jeune artiste originaire de Cleveland (Ohio), Daniel Arsham, aux étonnantes sculptures érodées.
L’incontournable Kamel Mennour a abandonné sa très jolie galerie de la rue Saint-André-des-Arts pour faire le voyage. Citons encore Yvon Lambert et la galerie Chantal Crousel. Mais globalement, bien peu de galeristes français se sont déplacés.
Cocorico ?
Cartier étant depuis quatre ans le principal partenaire de la foire, la Fondation
Cartier pour l’art contemporain a présenté un espace imaginé par Beat Takeshi Kitano. Il s’inscrit dans le prolongement de l’exposition présentée à Paris, « Gosse de peintre », qui s’installait avec impertinence dans le monde
de l’enfance. Adultes et enfants ont pu y réunir tous les accessoires indispensables au « peintre
parfait », constituant une pièce unique qui sera par la suite vendue aux enchères au profit d’une association
caritative.
www.artbaselmiamibeach.com
Jean-Paul Bath
09/12/2010