Biennale de Saint-Étienne 2010 De nouveaux talents à suivre
La Biennale internationale du design de Saint-Etienne accueille des idées, des prototypes et des produits qui, un jour un l’autre, auront un impact sur notre quotidien. Zoom sur 5 designers à suivre.
Rendez-vous sur le thème de la création industrielle depuis 1998, la Biennale Internationale du Design s’ouvre aussi au design de galeries, parfois plus proche de l’œuvre d’art que des contraintes liées à la production. Installée sur le nouveau site de la Cité du
design, au cœur de Saint-Étienne, la biennale dévoile sur 12 000 m2 d’expositions, une sélection d’installations et d’œuvres en tout genre, et témoigne ainsi de la complexité du design, une discipline qui se réinvente en permanence. La preuve par cinq.
Felipe Ribon, tête chercheuse
Jeune diplômé de l’ENSCI à Paris, Felipe Ribon a reçu l’an dernier le prix du public du festival « Design Parade » de Hyères, pour sa salle de bains du futur composée d’éléments, non pas en céramique, mais en textile lavable en
machine. Si ce projet est montré à Saint-Étienne dans l’exposition « Demain c’est aujourd’hui », le jeune Colombien est aussi le commissaire de l’exposition « Lumières ».
Il y fait cohabiter une sélection de luminaires, de vidéos et de performances, comme « Beam me
up », des chorégraphies exécutées chaque jour par des étudiants autour de panneaux lumineux.
Pieke Bergmans, le nouveau made in Holland
Dans la cour de la Cité du design, Pieke Bergmans a aménagé un jardin de monstres en tissu, ni beau, ni fonctionnel. Du moins a priori, puisque ces drôles de créatures peuvent servir de fauteuils. La jeune Hollandaise de 32 ans, qui travaille depuis plusieurs années sur la notion de « virus » appliquée à l’objet, présente aussi de nouvelles lampes de la série « Light bulb », ses ampoules « coulantes ».
Où ? Dans l’exposition « Prédiction », qui rassemble autour de grandes questions liées au design les réponses de jeunes créateurs du monde entier.
Tamara Barrage, militante
Venue spécialement de Beyrouth, où elle est encore étudiante dans la seule école de design du Liban, Tamara Barrage défend dans la même expo son concept d’ombrelle-moucharabié, « INcognito », qui traduit la révolte de cette designer en herbe confrontée « à des femmes qui ne peuvent pas décider de ce qu’elles portent ». Un manifeste plus qu’un produit ?
« Certes, mais avec « Incognito », elles pourraient porter plus librement leur burka », précise-t-elle.
I.R.M entre mode, art et design
Dans l’exposition « Passage mode », le tandem « I.R.M. » (créé par 2 jeunes diplômés d’ESMOD Lyon) expose une robe qu’ils ont réalisée dans un matériau emprunté aux soutiens-gorge, ce qui leur a permis de créer des volumes surprenants. Couleur chair, comme une seconde peau, elle fait partie d’une collection appelée « Body Painting », conçue pour être peinte lors de performances, souvent à la bombe, de manière aléatoire façon Jackson Pollock. Le tout n’est pas sans rappeler l’univers d’un certain Alexander McQueen…
« ÉSÉ », la création en vente directe
L’École supérieure d’art et de design de Saint-Étienne profite de la Biennale dont elle est à l’origine pour présenter les projets de ses anciens étudiants. On peut d’ores et déjà se procurer la lampe en bois et verre sablé « I miss Swan » de François Mangeol sur le site d’ÉSÉ, la nouvelle marque qu’il vient de créer avec ses camarades (399 €).
Le designer diplômé l’an dernier présente aussi un tapis dont il a dessiné les motifs en forme de lettrines, baptisé « Occidorient ».
www.editionsousetiquette.fr
Biennale Internationale Design 2010 - jusqu’au 5 décembre
www.biennale2010.citedudesign.com
François Mangeol
François Mangeol
Pierre Grasset
Alfred Escot
02/12/2010