L’espace culturel Vuitton invite l’art contemporain indonésien
Pour sa 16eme exposition, l’Espace culturel Louis Vuitton présente Trans-Figurations, Mythologies indonésiennes. Un panorama d’artistes originaires de l’île de Java, véritable ruche artistique.
L’espace culturel Vuitton : les nouveaux explorateurs
L’espace culturel Vuitton, situé au 7ème étage de la boutique Louis Vuitton des Champs-Elysées, explore depuis maintenant cinq ans, le thème du voyage à travers l’art contemporain. Pour y accéder, il faut emprunter le célèbre l’ascenseur noir d’Olafur Eliasson « votre perte des sens » une parenthèse sensorielle dans le tumulte ambiant. A la fois atelier (certaines œuvres sont créées sur place) et lieu de rencontres, l’espace culturel nous fait voyager avec l’art aux quatre coins du monde.
L’art Indonésien sur le devant de la scène
Après l’Inde, la Russie ou la Corée, l’espace parie cette fois sur l’Indonésie, plus connue pour sa fibre touristique qu’artistique. Intitulée Transfigurations, mythologies indonésiennes, l’exposition présente pour la première fois en Europe 11 artistes contemporains originaires de la ville de Yogyakarta sur l’île de Java. L’Indonésie est le plus grand archipel du monde et le 4e pays le plus peuplé de la planète. En quelques chiffres, il regroupe 17 500 îles, compte 150 volcans en activité et 86 % de musulmans même si toutes les tendances religieuses cohabitent (Catholiques, Bouddhistes, Hindouistes), de quoi nourrir l’imaginaire des artistes. Il était donc temps de présenter cette nouvelle génération.
Des artistes engagés
Le commissaire Hervé Mikaeloff a recruté sur place des plasticiens issus de la bande dessinée, de l’architecture ou du cinéma. Installations, peintures, dessins, vidéos, broderies…tous les mediums sont représentés dans cette exposition. Certaines œuvres interpellent, tel que l’imposant temple en bambou qui vous accueille dans le hall. Composé de 1800 cannes assemblées, Eko Prawoto prône ici la simplicité comme art de vivre loin des buildings modernes des grandes villes.
Agung Kurniawan expose une série de sculptures en fil de fer représentant d'anciennes photos de sa famille dont il n'a plus le souvenir.
Le jeu d'ombre et de lumière est pour lui la meilleure façon de représenter sa mémoire confuse. Tintin Wulia propose 180 faux passeports identiques pour mettre en avant l’idée de citoyenneté, pas toujours aussi évidente qu’il n’y paraît en Indonésie. D’autres pièces plus conceptuelles méritent une concentration acharnée comme l’installation du cinéaste Garin Nugroho qui rend compte de la situation de la femme dans le pays. Toutes les œuvres présentées ici sont le reflet de la société indonésienne actuelle, l’exposition est donc instructive mais laisse peu de place au rêve.
Même si les noms de ces artistes vont être difficile à retenir, l’espace culturel Vuitton a le mérite de présenter en avant première ces jeunes créateurs, empreints d’un fort héritage culturel et messagers d’une terre qui ne cesse d’évoluer.
A voir jusqu’au 23 octobre 2011
Marie Farman
08/09/2011