A bord du Mobile Art de Zaha Hadid
Le Mobile Art a atterri pour de bon à Paris. Embarquement immédiat à bord de cet ovni blanc qui abrite une exposition consacrée à sa créatrice, l’architecte Zaha Hadid.
Maquettes Nile Tower,
Le Caire, Egypte, 2007
Projection : Signature Tower
Maquettes et Tableaux Nile Tower,
Le Caire, Egypte, 2007
Vue extérieure du pavillon Mobile Art de Zaha Hadid,
Institut du monde arabe, Paris
C’est en 2007 que le Mobile Art de
Chanel fait son apparition. Commandité par Karl Lagerfeld à Zaha Hadid pour la célèbre maison de couture, ce pavillon mobile en forme de soucoupe volante a sillonné la planète pour promouvoir des œuvres internationales d’art contemporain. Mais en 2009, après Tokyo, Hong Kong et New York, l’aventure prend fin, en réaction à la crise mondiale.
Chanel décide alors de donner le Mobile Art à L’Institut du monde arabe.
En avril dernier, l’ovni blanc a jeté l’ancre à Paris dans son nouveau port d’attache permanent. Couché aux pieds de la gigantesque structure de verre de l’Institut du monde arabe signée Jean Nouvel, le Mobile Art rend hommage pour quelques mois à sa géniale créatrice, Zaha Hadid.
Si dehors, le Mobile Art intrigue, le voyage se poursuit à l’intérieur… Là, le curieux est invité à découvrir à travers une trentaine de projets, le travail de l’architecte anglo-irakienne, lauréate du prix Pritzker en 2004.
SOHO Chaoyangmen à Pékin, la tour Spirale de l’Université de Barcelone, le projet Guggenheim de Singapour ou la tour du Nil au Caire parmi d’autres…, l’inlassable voix de l’audioguide tente d’expliquer la magie des paramètres, des matrices, équations et autres contingences contextuelles. Petit à petit, l’effet se fait sentir. On semble mieux comprendre les entrelacs, angles carrés, folioles et corolles, tiges mais aussi alvéoles qui habillent la pensée radicale de l’architecture de Zaha Hadid. Car si tout est paramétré à 100%, le résultat final donne l’impression d’une visite au cœur même de la nature. Il évoque un retour à une vie presque végétale, où nature et futur s’opposent et se combinent tout en même temps. L’expérience est sans pareil.
On ressort un peu sonné de cette immersion au cœur du Mobile Art. Parce que l’architecture de Zaha Hadid est différente, elle pousse les visiteurs à se projeter dans un univers peu commun. En ceci, elle invite à l’ailleurs. « Zaha Hadid, une architecture » est une exposition incontournable, une invitation au voyage au cœur d’une architecture rigoureusement émouvante.
Mobile Art à l’Institut du monde arabe, « Zaha Hadid, une architecture », jusqu’au 30 octobre 2011, www.imarabe.org
Fabienne Dupuis
16/06/2011