Arles se met à nu

Le 11e Festival Européen de la Photo de Nu expose 30 artistes français et internationaux à Arles et aux Baux de Provence. Zoom sur 6 photographes qui remettent le nu au goût du jour.
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Gérard Uféras, « Un pas vers les Etoiles »
Invité d’honneur du festival, Gérard Uféras a exploré les coulisses de la danse en 2005 en passant une année complète avec le Ballet national de l’Opéra de Paris et en participant à leur tournée au Japon. Son exposition retrace les portraits effectués à cette période et évoque toute l’intensité des petits rats, la grâce qui les anime et le paradoxe qui transforme leur fragilité en force. « Qu'est ce qu'une belle photographie ? C'est une photographie qui fait entrer ceux qui la regardent en résonance avec l'émotion du photographe au moment du déclic. Le travail de Gérard Uféras nous plonge dans le cœur même de la Danse. », écrit Willy Ronis.

Pénélope Octavio, « Cold »
On se souvient que Sophie Calle avait invité ses amis à se faire photographier dans son lit. Renouvelant le genre, Pénélope Octavio invite des hommes et des femmes nus dans son frigo. Dans « Cold », l’artiste française s’interroge sur la place de l’homme dans la société. Ce concept fait également office d’animation à l’Espace Van Gogh puisque le public sera invité à se faire photographier sur le même principe ! Frileux s’abstenir.

Martial Lenoir, « Les Garçonnes »
Martial Lenoir photographie « Les Garçonnes », ces garçons manqués à la féminité provocante, insolente, images modernes des féministes comme Louise Brooks ou Katherine Hepburn travestie en homme. Photographiées torse nu dans des paysages ravagées, des terrains vagues ou des fauteuils défoncés, ces femmes luttent avec acharnement pour échapper au rôle de femme-objet. C’est paradoxalement en se déshabillant qu’elles parviennent à « porter la culotte ».

Vee Speers, « Bordello »
Bettina Rheims s’était fait connaître par sa série « Chambre close ». A son tour, Vee Speers propose, avec « Bordello », une série de photographies sensuelles et nostalgiques évoquant les années de décadence romantique du Paris des années 30. L’artiste australienne nous livre un récit - sous forme de tirages au « papier charbon » - de la vie trouble et secrète de ces filles des maisons closes en réalisant ses clichés sur fond de véritables bordels de l’époque.

Anton Solomoukha, « Le Petit Chaperon visite… Tchernobyl »
Après « Le Petit Chaperon Rouge visite le Louvre », l’Ukrainien Anton Solomoukha plonge son regard au cœur d’un lieu maudit avec « Le Petit Chaperon visite… Tchernobyl ». Relisant l’histoire et faisant revivre ce lieu morbide, il met en scène des corps dénudés formant un tableau apocalyptique, entre la « Nef des Fous » et le « Radeau de la Méduse ». Rayonnant !

Olivier Valsecchi, « Dust »  
Dans sa série « Dust », le Français Olivier Valsecchi crée des anges. Il photographie l’instant de l’incarnation en poudrant ses modèles pour mieux les transformer et les transcender. Corps suspendus, présences fantomatiques harmonisées dans un clair-obscur cher à la peinture classique, une vision si onirique qu’elle porte l’affiche du festival.



11e Festival Européen de la Photo de Nu, « Regards sur le corps », du 7 au 15 mai, Arles, les Baux de Provence, www.fepn-arles.com

Jean-Paul Bath
05/05/2011

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