Benjamin Graindorge, le solo show
Niché dans une maisonnette ouverte sur jardin dans le 17e à Paris, l’élégant studio – galerie YMER&MALTA présente le designer Benjamin Graindorge. Au programme : nature sauvage, poésie de l’instant et objets d’une autre ère.
Portrait
Benjamin Graindorge
Between Shadows, Alcôves en biscuit de céramique,
Benjamin Graindorge, 2011
Cristal Cane, squelette de verre soufflé à la canne,
Benjamin Graindorge, 2011
Morning List, lampe en bille de verre
extrablanc et acier blanc brillant,
Benjamin Graindorge, 2011
Fallen tree, banc en chêne sculpté et
piètement en verre borosilicate,
Benjamin Graindorge, 2011
Les amoureux de design connaissent déjà bien ce grand jeune homme aussi peu bavard dans la vie qu’expressif voire engagé -non violent- à travers ses objets. Mais pour beaucoup c’est une découverte.
Formé à l’ENSCI, la Mecque du design industriel en France, c’est pourtant dans la pièce d’exception, en série limitée et volontiers artisanale, que Benjamin Graindorge s’est rapidement distingué (notamment au sein de la galerie YMER&MALTA, qui lui offre ce solo show).
Fidèlement à sa pratique, ses dessins à l’esthétique travaillée ont, dans l’exposition toute leur place aux côtés des objets. Voyez ce banc qui s’épanouit tel un arbre, laissant divaguer ses branchages emmêlés… L’idée n’est pas nouvelle, mais le trait et la façon sont saisissants de précision et d’harmonie. « Je veux révéler l’ADN du bois, exprimer sa nature profonde en essayant de mettre en lumière sa fibre vivante, révéler sa nature forte, indomptée et magnifique », explique le designer.
Les photophores Between shadows, d’apparence fantomatique avec leur glaçage de biscuit de céramique, se veulent objet d’ombre tant que de lumière. « Ils illuminent notre règne intérieur, trop fragile pour supporter l’excessive clarté » dixit leur créateur.
Spirituel et inspiré par les éléments de la nature, Benjamin Graindorge le semble encore davantage avec la lampe Morning Mist, une grappe de billes de verre exhalant les teintes de l’aurore, tantôt un rouge frais, tantôt un cyan irisé… D’une grâce rare, le luxe à l’état pur. Moment de grâce, de pureté, qui rappelle que le luxe tient parfois au silence.
Morning mist, solo show de Benjamin Graindorge
Jusqu’au 12 décembre, chez YMER&MALTA, 44 rue de la Condamine 75017 Paris. www.ymeretmalta.com
Sandra de Vivies
13/10/2011