Cap sur le Festival de Hyères 2011
Le 26e Festival International de Mode et de Photographie de Hyères présente 20 photographes et stylistes émergents. Rencontre avec son commissaire photo, Michel Mallard.
Pour vous qui avez collaboré à la Biennale de Mexico ou à la Photographer's Gallery à Londres, quelle est l’originalité du Festival de Hyères ?
Renouveler l’image de la photo de mode, la sortir de son contexte magazine et en proposer une version artistique, moins commerciale, par une présentation de dix stylistes de mode et dix photographes internationaux. Sélectionnés parmi plus de 800 dossiers, on leur offre quatre à dix tirages de qualité professionnelle pour leur exposition.
Etes-vous fier du parcours des artistes que vous avez découverts ?
Oui, l’Américaine Taryn Simon réalise maintenant des clichés pour Vogue,
Mercedes, Chloé... Elle a exposé ses travaux à la Tate de Londres et à la Biennale de Venise. L’Anglais Luke Stephenson a réalisé des portraits pour le New York Times et la Californienne Kathryn Hillier a exposé au Fotomuseum de Rotterdam.
Le Festival de Hyères a-t-il permis de redécouvrir des artistes ?
En 1999 nous
avons exposé Guy Bourdin, puis la série « Paris 1963 » de mannequins dans des bulles de Melvin Sokolsky et aussi les travaux de Jean-Baptiste Mondino, qui trouve que le meilleur musée, c’est la rue. Cette année, loin de Photoshop et des images retouchées, nous exposons le travail d’Erwin Blumenfeld, qui travailla dans les années 40 et 50 pour Vogue.
Vous avez photographié des campagnes telles que Flower by
Kenzo, avez-vous eu un coup de cœur cette année ?
Regardez les photos superposées de forêt de l’artiste hollandaise Kim Boske et celles de Yann Gross, gagnant photo de l’édition 2010 du Festival, qui a mis en image les créations des dix stylistes sélectionnés.
Avez-vous un mot à dire sur la sélection mode ?
Cette année, le jury mode est présidé par Raf Simons. La difficulté est toujours d’arbitrer entre
« portable » et « arty ». Les défilés auront lieu dans le cadre magique des Salines de Hyères.
Depuis 1999, vous êtes directeur artistique et commissaire du Festival de Hyères. Quel a été le plus dur ces dix dernières années ?
Le financement. Le festival dispose du soutien de la ville et du groupe LVMH mais il reste très coûteux de faire venir des gens du monde entier, d’organiser les défilés, les voyages…
Votre meilleur souvenir ?
Les retrouvailles émouvantes de Melvin Sokolsky, fêtant ses 78 ans à la Villa Noailles, avec son tout premier mannequin de mode, qu’il photographia 50 ans auparavant.
Votre vœu pour les années à venir ?
Exporter le festival pour étendre sa notoriété… et celle des lauréats.
Festival International de Mode et de Photographie de Hyères, du 29 avril au 2 mai, exposition du 30 avril au 29 mai, Villa Noailles, 83400 Hyères
ww.villanoailles-hyeres.com
Jean-Paul Bath, Claudia Yvars
28/04/2011