Michel Houellebecq et Bret Easton Ellis L’antisèche de la rentrée

700 romans sortent cet automne. Parmi eux, deux occupent le devant de la scène. Celui de Michel Houellebecq et de Bret Easton Ellis. Lecture comparée.
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BRET
EASTON
ELLIS
Né en 1964, à Los Angeles, il a écrit « American Psycho », « Glamorama » et « Lunar Park ».

Suite(s) Impériale(s)
Le pitch ? 25 ans après, Clay revient à Los Angeles pour les fêtes de Noël et retrouve ses anciens amis. Les héros de son premier roman « Moins que zéro », ont vieilli. L’ancien drogué et prostitué gère un service d’escort ; Rip, l’ancien dealer est méconnaissable, tant il a usé de chirurgie esthétique ; quant à Blair, son ex- petite amie, elle s’est mariée à Trent, un manager d’acteurs.
La femme fatale ? Rain Turner, une blonde, pute à ses heures, mais bien sûr «  magnifique actrice beaucoup plus jeune que lui » impliquée dans des histoires louches.
Le décor ? Une descente aux enfers sur Mulholland Drive.
L’atmosphère ? Pesante, voire de plus en plus oppressante.
Pourquoi le lire ? Parce que Bret Easton Ellis est l’un de ceux qui aura décrit le mieux la décadence de la lost Generation X. Une sorte de papa de notre époque, formidable héritier de Raymond Chandler, l’un des meilleurs écrivains de romans noirs.
Pourquoi ne pas le lire ? Pour éviter de cauchemarder.
La citation ? « Je n’ai jamais aimé personne et j’ai peur des gens ».
Ce qu’il faut en dire ? Que son livre est une déflagradation. La presse américaine l’encense. En France, il cartonne en librairie, avec ruptures de stock à la clef.
Suite(s) Impériale(s), Ed. Robert Laffont, 228 pages, 19 euros.
 
MICHEL
HOUELLEBECQ
Né Michel Thomas, le 26 février 1958 à La Réunion, il a écrit : « Extension du domaine de la lutte », « Les Particules Elémentaires », « Plateforme » et « La Possibilité d’une île ».
 
La carte et le territoire
Le pitch ? Jed Martin, artiste-peintre rencontre le succès en reproduisant des cartes Michelin, et peu à peu obtient une cote fabuleuse, grâce notamment à la préface du catalogue que lui écrit un certain Michel Houellebecq.
La femme fatale ? Une Russe, l’une des cinq plus belles femmes de Paris, dixit Frédéric Beigbeder (qualifié de Sartre des années 2000 dans le livre) ; blonde bien sûr, aux jambes interminables, intelligente, cultivée, etc.
Le décor ? Paris, l’Irlande, la Creuse (fabuleuse contrée), les galeries d’art contemporain, le Flore, le Raincy.
L’atmosphère ? Le vide de notre époque, entre Jean-Pierre Pernaut, François Pinault et Jeff Koons.
Pourquoi le lire ? Parce que c’est un formidable auto-portrait de l’auteur. Non sans humour, il se décrit comme notre époque, au scalpel.
Pourquoi ne pas le lire ? Pour ne pas se jeter sur un tube de Prozac.
La citation ?  Parlant de lui « Il avait pris du ventre depuis la dernière fois, mais son cou, ses bras étaient
toujours aussi décharnés ; il ressemblait à une vieille tortue. »
Ce qu’il faut en dire ? Que si Tahar Ben Jelloun a, dans le quotidien italien La Republicca, fait une descente en règle du roman, ça va être la baston de la rentrée littéraire. Mérite-t-il le Goncourt ? Le Renaudot? Ou sera-t-il maudit des prix ?

La carte et le territoire, Flammarion, 428 pages,
22 euros.

 


Isabelle Lefort
09/09/2010

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