Arrivée à Rangoon, la capitale économique Birmane, nous sommes pris d’un grand flashback: on retrouve la ville telle qu'on l'avait laissé dix ans auparavant. Si le pays s’est lancé récemment dans un heureux processus de démocratisation, dans la rue rien n’a vraiment changé depuis notre premier voyage. Une journée de shopping s'impose, histoire de redécouvrir ce qu'on avait aimé alors. Les odeurs, les couleurs, les visages, les élégantes silhouettes bimanes, ce « longyi » noué à la façon du sarong indien, les échoppes du Scot Market, le grand marché où trouver les plus belles tongs en cuir au monde, et les étalages de rubis, jades et autres pierres à bons prix (au Myanmar Yes).
On s’échappe ensuite vers Shwedagon Pagoda où toute la ville se retrouve à la tombée de la nuit, pieds nus au contact du sol, autour du stupa d'or irradiant vers un ciel couleur d'espoir. Puis soirée au Planteur, nouveaux lounge et restaurant, situé dans l’ancienne ambassade britannique. La bâtisse toute redécorée est devenu un haut lieu de la nuit birmane, offrant dans un décor fantasque (parodie d’un cabaret des années 20) des douceurs bien de chez nous, y compris des fromages de nos terroirs et du vin de Bordeaux. On vous raccompagne en Combi VW à la Governor’s Residence, hôtel au luxe discret.
La Birmanie est le pays des arbres. Flamboyants, arbres à laque,
palmiers, hibiscus, thanakas, etc. Quand il fut question, au moment où l'Europe se couvrait d'un manteau d'églises et de cathédrales, d'élever une forêt de temples au centre du pays, dans une plaine bénie par Bouddha, on se tourna vers l’Irrawady, le grand fleuve birman reliant les arbres du pays Shan et Bagan où près de 4000 temples sortirent de terre. Parmi 2826 stupas encore debout, les plus richement restaurés, grâce aux donations, sont plus beaux que n'importe quelles maisons privées de la région.
On s’endort au Thiripyitsaya Sanctuary, au bord du fleuve, au pied des temples, un resort sobre mais confortable. Ne ratez pas à Myinkapar Village les merveilles de l’atelier-maison de Pan Sa Pal, laqueurs de père en fils : une semaine pour sécher une épaisseur de peinture, six mois pour réaliser le plus simple des plateaux, cinq ans pour les pièces gravées les plus raffinées. On s’échappe pour la journée vers le mont Popa, où il fait dix degrés de moins. On peut aussi y rester la nuit, en dormant au Popa Mountain Resort dans la jungle. Le mont, dressé comme une sentinelle au pied de laquelle se serrent monastères et échoppes, est le terrain de jeu des singes, des nats (« esprits »), des ogres et des dragons. « Si vous aviez entendu l'appel de l'Orient, vous ne penseriez plus jamais à autre chose », avait écrit Kipling. La Birmanie dresse les contours de cette Asie-là.