Des ventes de voitures qui reprennent difficilement aux USA, Toyota et Renault qui tentent de limiter la casse et des constructeurs chinois contraints de revoir eux aussi leur rythme de croissance… L’industrie automobile vit ses heures les plus sombres. Pour combien de temps encore ?
La crise n’a pas fait de cadeau. Frappé au cœur, General Motors, le premier constructeur automobile du monde, un géant dont le chiffre d’affaire annuel à la fin du siècle dernier égalait le budget de la France, n’a dû son salut qu’à l’intervention inespérée du gouvernement US et à l’adjonction massive de fonds publics. Un scénario catastrophe, que personne n’avait prévu et qui rend extrêmement fébriles les analyses sur la suite des évènements.
Il faut dire que les inconnues restent nombreuses. D’abord, même si l’année 2009 a vu un peu partout la chute vertigineuse des ventes enfin stoppée (-40 % aux USA en 1 an !), ce n’est qu’à coups de primes publiques jusqu’en… Chine. Et puis, ces primes, généralement « à la casse », n’ont eu pour effet que de doper la vente de modèles à prix d’appel aux marges riquiqui ; « quand elles existent encore » ironisent certains concessionnaires qui savent également que les aides de l’Etat ne sont pas éternelles ; en France, elles ne passeront pas l’année 2010. Alors qui traversera le mieux la tempête ?
Il y a ceux qui font le pari de l’innovation : c’est le cas notamment de… GM. Montré du doigt pour ses Trucks aux V8 dégoulinant d’essence et de CO2, le géant de Détroit investit désormais dans le véhicule « vert », en particulier avec son admirable Chevrolet Volt hybride qui promet 60 kilomètres en mode « tout électrique ». Un best seller mondial en 2011 prétendent les plus optimistes ! Même, stratégie pour Ford (troisième constructeur mondial) qui outre, ses véhicules hybrides - la Fusion Hybrid voit ses ventes doubler depuis l’automne aux Etats-Unis- investira également le marché de l’électricité avec sa Focus dès l’an prochain. Un pari qui est aussi celui de Renault-Nissan.
L’Alliance franco-japonaise s’apprête en effet à lancer d’ici 2011 pas moins de 5 modèles électriques et espère bien se tailler la part du lion dans les 10 prochaines années. Montant de l’investissement : 4 milliards de dollars. Mieux vaut en effet que cela fonctionne.
Autre voie : le low cost. En d’autres termes : produire des véhicules sans prétention pour des automobilistes qui ne souhaitent plus investir des fortunes dans une automobile. On pense évidemment aux constructeurs indiens (Tata), chinois ou même coréens (Hyundaï et Kia) qui rêvent tous de faire partie des cinq premiers constructeurs mondiaux d’ici 5 ans ! Mais on pense aussi à la récente alliance Fiat/Chrysler qui pourrait bien devenir le leader de la vente aux USA de… petites voitures !
Enfin, il y a les consciencieux, qui soignent leur image de marque, ne négligent aucune tendance et investissent dans la voiture « propre » sans prendre le risque d’y laisser leur chemise. C’est le cas des allemands (VW, Mercedes et BMW). C’est aussi le cas des japonais, Honda et Toyota en tête. Il faut dire qu’ils ont pour eux l’avantage de gammes étoffées (allant de la citadine aux limousines), d’une technologie peu prise en défaut (Hybride Toyota) et d’une présence tant commerciale qu’industrielle sur les cinq continents, de sorte qu’aucun marché ne leur échappe. Idéal pour minimiser les pertes ou maximiser les profits, le moment venu…
Reste le cas spécifique de Peugeot et Citroën. Certaines de leurs atouts en matière de petites berlines économes en carburant et en CO2, les deux marques françaises -et cousines- s’apprêtent à prendre lentement mais sûrement le virage de l’hybride diesel et de l’électricité tout en cherchant à tisser des liens avec Mitsubishi… Objectif ? Des voitures à taille humaine, respectueuses de l’environnement, construites avec le sérieux japonais et dessinées avec le glamour parisien. Attention de ne pas se faire coiffer au poteau par… Bolloré ou d’autres. La crise ayant rebattu les cartes, les outsiders aspirant à un destin fulgurant sont nombreux. La start-up américaine Tesla, première à croire à l’électricité depuis 2007, pourrait bien devenir un acteur majeur de l’industrie automobile dans les 10 ans qui viennent pour peu que les finances ne lâchent pas… Personne n’est à donc l’abri d’un succès.









