Chinois, indiens, russes, coréens… Avec la crise et la recherche de prix bas, les industriels « exotiques » inspirent crainte et respect !
La Chine et l’Inde font rêver. Plus de deux milliards de consommateurs et un marché automobile encore balbutiant avec 10 voitures pour 1000 habitants contre 500 pour 1000 en Europe. Comme le résume l’importateur Mercedes pour l’Asie : « Impossible de ne pas être présent ». Seulement voilà, les chinois et les indiens se verraient bien aussi participer à la croissance de leur propre pays et à celle de la planète ! Résultat, on recense pas moins de 10 constructeurs automobiles en Chine aux côtés des importateurs européens, japonais et américains… Certes, les œuvres chinoises relèvent parfois du plagiat (en septembre 2007, BMW s’est affolé de la ressemblance du Shuanghuan CEO avec son X5), ont des progrès à faire en terme de finition et de sécurité proprement dite (les résultats aux crash tests sont loin d’être satisfaisants), mais les firmes locales comblent leur retard à grande vitesse.
Depuis 2005, la Chine multiplie les transferts de compétence avec des sociétés occidentales en manque d’argent frais. Ainsi Nanjing Automobile Corporation –NAC-, le plus ancien constructeur automobile s’est associé à Fiat, Iveco, mais aussi avec l'équipementier français Valeo, ou encore l'américain Lear ! Quant à Great Wall Motor (GWM), plus grand constructeur privé du pays, il se place en tête des exportateurs chinois en
envoyant ses automobiles au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Amérique du Sud où ses prix « cassés » commencent à inquiéter… PSA. Cela sans évoquer, le clou du spectacle : un éventuel rachat de Volvo par la firme Geely ! Un dernier scénario qui n’est pas à exclure, l’industriel indien Tata ayant pris possession avec talent de Jaguar et Land Rover dans des circonstances semblables. Car l’Inde souhaite aussi sa part du butin. Outre le rachat de marques au prestige intact mais sur le déclin financier, Tata envisage de faire de sa Nano un best seller low cost mondial. Vendue 1500 euros à Delhi, le phénomène qui reste à parfaire pourrait ainsi s’afficher à moins de 5000 euros en France ! A moins que les russes ne se joignent au banquet. C’était en tout cas la stratégie de certains industriels moscovites, en particulier d’Avtovaz (ex Lada) avant que la crise ne réduise leur prétention…
A ce petit jeu de la rébellion contre l’occident, les mieux placés demeurent donc encore pour quelques années les coréens. Fort d’une présence commerciale et industrielle sur les cinq continents, Seoul n’a plus à faire la preuve de la qualité de ses produits (Kia a d’ailleurs fait sensation en Europe en étant le premier constructeur au monde à garantir ses automobiles… 7 ans). Le pays du matin calme a aussi et surtout accumulé un savoir-faire qui lui permet de proposer des automobiles hybrides (Hyundaï), voire électriques, avec une réactivité déconcertante, le tout à des prix inférieurs de 5 à 25 % aux références européennes… Bref, quand le talent et l’argent sont là, tout va.









