D’ici quelques mois elles seront enfin en concession ! Elles ? Les voitures électriques ! Annoncées comme salvatrices pour nos bronches et – peut-être- la planète, ces « automobiles du futur » fascinent autant qu’elles déconcertent… Vont-elles enfin se substituer aux modèles à essence ? Les paris sont ouverts !

Pour l’économiste Thomas Becker il n’y a que peu de place au doute : « Les voitures électriques devraient représenter 86% du marché US à l’horizon 2030 ». Une révolution ! Surtout « si leurs performances et leurs prix se rapprochent de ceux qu’offrent les modèles à essence » insiste le professeur de Berkeley. L’intellectuel californien est cependant le seul à afficher un tel optimisme.
En France, Renault qui vient d’investir plusieurs milliards d’euros dans une gamme complète de modèles électriques table, plus prudemment, sur « une conversion de 10% du marché automobile mondial à l’électricité d’ici 10 ans » tandis, qu’en Allemagne, VW estime à guère plus de 2 % la part de marché des véhicules électriques en… 2020. Les avis divergent donc d’un extrême à l’autre. Mais peut-il en être autrement ?

Entre la planète qui appelle de ses vœux des restrictions drastiques de CO2 et des automobilistes étranglés par la crise, les industriels hésitent encore à promouvoir l’électricité, d’autant que, dans un premier temps, les modèles électriques n’offriront qu’une autonomie restreinte (150 en moyenne)… tout le jeu consiste, alors, à être présent sur ce marché « balbutiant » tout en évitant d’y perdre des fortunes en recherche et développement en cas de démarrage « chaotique ».

Un marché prometteur

Toutefois, les raisons d’espérer sont nombreuses, très nombreuses. Effrayés par des prix du pétrole particulièrement volatiles et un réchauffement climatique aux conséquences d’ores et déjà perceptibles, nos contemporains n’ont jamais été aussi sensibles aux automobiles « écolos » ; 53 % des français se disent même prêts à « rouler électrique » quitte même « à payer un peu plus à l’achat » - sondage sur http://www.voitureelectrique.net. Or les constructeurs promettent des prix comparables aux modèles à essence, un avantage qui s'ajoute aux les aides de l’Etat (sous la forme de prime – 5000 euros aux 100 000 premiers acheteurs-), l’on comprend mieux l’enthousiasme d’entreprises comme Bolloré (avec sa BlueCar électrique attendue en 2010), Renault (gamme complète dévoilée à Francfort) ou même Ford (dont une Focus équipée de batteries sera en vente d’ici 12 mois) !

Certes, l’autonomie demeure à parfaire ainsi que le temps de recharge des batteries (quatre bonnes heures en moyenne) mais les ingénieurs les plus confiants estiment que d’ici cinq ans, la norme pourrait vite tourner autour de 500 à 600 kilomètres d’autonomie. Un vaste chantier que financeront, espèrent-ils, les premiers succès commerciaux des voitures électriques, notamment auprès des entreprises. Selon Xavier Benard, Directeur Général d’Aon Auto, les sociétés effectuant des trajets urbains répétés n’excédant pas 100 km/jour – en particulier au cœur des villes qui pensent à interdire l’accès à leur « centre historique » aux véhicules polluants- vont se bousculer pour rouler à l’électricité. Sans parler des économies en carburant : une voiture électrique consomme un euro d’électricité tous les 150 kilomètres et, hors remplacement des pneus et des freins, ne nécessite presque plus de visites à l’atelier !