De l’apparition de la première automobile à la disparition des dernières charrettes tirées par des bœufs, il se sera écoulé près de 60 ans en occident. La Chine souhaite achever ce processus avant… 2020. Sans dégrader davantage la planète. Un défi technologique et politique.
A la fin de l’année, la Chine aura absorbé 11 millions de voitures neuves, 5 fois plus qu’en France, alors que le taux d’équipement des ménages chinois en matière automobile demeure dérisoire : une voitures pour dix habitants contre cinq pour dix en occident. Une aubaine commerciale en temps de crise, qui se double hélas d’une crainte environnementale sans précédent. Il est en effet évident qu’un milliard trois cents millions de chinois utilisant une automobile à la place de leurs jambes ou de leur vélo (soit presque un doublement potentiel du parc mondial de véhicule actuellement en circulation) a de quoi inquiéter jusqu’au plus fervent défenseur de 4x4 toujours sceptique sur le réchauffement climatique…
Mais qui peut empêcher la Chine, sixième puissance mondiale (bientôt première), de renoncer aux déplacements motorisés individuels ? D’autant que l’industrie automobile chinoise contribue pour une grande partie à la croissance soutenue du pays. Directement, en créant une offre de véhicules bon marché qui séduisent une classe moyenne au pouvoir d’achat moindre qu’en occident et, indirectement, en poussant au développement d’infrastructures routières qui soutiennent les politiques publiques de grands travaux, favorisent les échanges et dopent les revenus intérieurs…
DES REJETS DE CO2 REDOUTÉS
Le gouvernement chinois a parfaitement conscience de l’impact environnemental d’une telle modernisation. Il prône le plus possible le recours « aux nouvelles technologies, notamment l’hybride, voire l’électricité », mais il ménage ses constructeurs locaux pour qu’ils gèrent la transition technologique. Car il faudra encore quelques saisons avant que les premiers modèles chinois, qui éprouvent déjà des difficultés à se conformer aux standards occidentaux en termes de consommation de carburant et de dépollution (sans parler de crash-test), présentent des émissions proches de zéro… Et puis à imaginer que les véhicules électriques prennent le dessus, le supplément d’électricité nécessaire fourni actuellement par les usines à charbon, aux rejets de CO2 parmi les plus redoutés de la planète, risque d’aggraver le bilan carbone du pays…
Bref, un vrai casse-tête. Qui, pour couronner le tout, est aussi celui de l’Inde, du Bengladesh, du Pakistan… Soit plus de trois milliards d’êtres humains ; sans compter que PetroChina, devenue première compagnie pétrolière mondiale en 2008 (après que sa capitalisation boursière ait devancée celle d’ExxonMobil) souhaiterait bien fournir ses compatriotes en or noir encore un long moment! L’automobile a assurément un avenir en Chine et chez ses voisins. Mais quel avenir ? La question est posée. Ménageant la chèvre et le chou, le gouvernement favorise activement la recherche, notamment dans le domaine des batteries, secteur ou la Chine possède plusieurs longueurs d’avance en ayant équipé tous les téléphones portables de la planète. L’enjeu ? Concevoir des batteries électriques à l’autonomie record (au moins 1000 km) puisant leur électricité via cellules photovoltaïques disposées sur le toit des automobiles ? On en est encore loin. Mais comme dit le proverbe Chinois « A cœur vaillant rien d’impossible ».









