Nouveaux mannequins : Le buzz
La mode, la mode, la mode et son univers impitoyable. Les mœurs changent, les codes se bouleversent et évoluent dans une société dictée par les tendances. Dernière révolution modeuse ? L’essor du « mannequin atypique ».
C’est en 2007 que la première campagne mettant en exergue un canon de beauté hors norme est lancée. Sous les yeux médusés de la mode, la défunte Isabelle Caro posait sous l’objectif du photographe Oliviero Toscani. Connu pour ces mises en scènes scandaleuses pour la marque Benetton (on se souvient de la religieuse embrassant à pleine bouche un prêtre), c’était la première fois qu’il innovait dans la différence physique. L’anorexie à son apogée. Quatre années plus tard, le dérangeant est devenu tendance et la fascination mal placée, une valeur dominante chez les créateurs.
Aujourd’hui, nombreux sont les mannequins qui font couler de l’encre à propos de leur corps, visage et allures atypiques. L’entrée de la transsexualité dans le monde de la mode est marquée par Léa T. en 2010. Muse de Ricardo Tisci, directeur artistique de
Givenchy, ce mannequin brésilien défraie la chronique en imposant une féminité dévorante. Photos dénudées laissant dévoiler courbes divines et force masculine ont marqué les esprits.
S’il y a bien une période qui a révolutionné les mœurs et le culte de la beauté des défilés, c’est bel et bien la fin 2010… et 2011 qui la succède de peu ! Transsexuelles, androgynes, mannequins albinos ou encore tatoués à outrance font désormais partie du paysage de la mode et de la haute couture. Ainsi
Givenchy (encore !) fait poser le mannequin albinos
Stephen Thompson pour la campagne printemps-été 2011. Les clichés sont déroutants par leur blancheur et les contrastes quasi inexistants. On se croirait plongé dans une atmosphère
orange mécanisée tant le trouble est présent et pesant.
La semaine dernière, lors de la fashion week homme, c’est Thierry Mugler qui imposait son originalité sous la houlette de son directeur artistique Nicola Formichetti. Le défilé homme printemps-été 2011-2012, exhibait le mannequin canadien
Rick Genest, le corps recouvert de tatouages illustrant l'antre du corps humain. Des os les plus minuscules aux muscles en passant par le cervelet, le « zombie boy » est aussi terrifiant qu’attirant.
Dernier invité à avoir rejoint l’écurie hors norme ? Le mannequin bosniaque
Andrej Pejic. D’une beauté diaphane époustouflante, l’androgynie s’est incarnée en lui. Jeune homme de 20 ans, on a rarement vu « femme » aussi belle. Joues creusées, taille de guêpe, jambes à faire pâlir ses acolytes de podiums, il pourrait être la fille (le fils ?) spirituelle d’Erin Wasson et Natasha Poly. C’est vous dire ! Notre Jean Paul Gaultier national à pris le bellâtre sous son aile, en l’intronisant « mariée » de son défilé couture femme printemps-été 2011.
Alors simple phénomène de mode ou tremblement de terre dans les codes de la beauté féminine ? Les canons de beauté n’ont jamais été si diversifiés et anticonformistes. Quand la vision du beau évolue, les divergences physiologiques s’avèrent être le nouvel atout charme d’une génération. Si la norme nuisait à la création, aujourd’hui la différence inspire, fascine et passionne. Le "Femimen" est né.
Pour les découvrir, suivez les flèches.
© P Stable Mathilde Fouquet
28/01/2011