LANA DEL REY : IN OR OUT ?
Son nom d’artiste est la conjonction du prénom de l’actrice Lana Turner et du nom d’un modèle de Chevrolet des années 50, la Del Ray. En l’espace de quelques mois la chanteuse Lana Del Rey, Elizabeth Grant de son vrai nom, a défrayé la chronique à coup de vidéo clips diffusés sur la toile 2.0 et d’apparitions triées sur le volet. Décryptage d’une success story avant l’heure… ou pas.
A quelques jours de la sortie du tristement (déjà) célèbre « Born to Die » (le 30 janvier prochain), pas un jour ne passe sans que le nom de Miss Lana Del Rey ne bourdonne dans nos oreilles. Pas franchement adeptes de la scène musicale chère à celle que certains surnomment « la néo-Nancy Sinatra » (n’exagérons rien s’il vous plait…), il a bien fallu que (même) les plus réfractaires se résolvent à troquer leurs berceuses minimalistes contre les clips signés Del Rey, si ce n’est que pour s’endormir moins bête ! Car si la belle alimente d’ores et déjà les fantasmes de certains et les détractations d’autres, c’est à Youtube, hébergeur béni du randonnant « Video Games », qu’elle doit les prémices de sa célébrité. En quelques semaines le nombre de vues atteint des millions et déjà la chanteuse s’offre une place de choix dans les charts musicaux populaires avant même la mise en bac de son opus.
La raison ? Un univers sans faille puisque construit tel un patchwork du meilleur de la scène artistique : une esthétique visuelle aux accents soi-disant « lynchiens », des ajustements sonores langoureux et une allure de pin-up mystérieuse et torturée totalement maitrisés se conjuguent pour donner vie à cette poupée de cire.
Côté look, Lana Del Rey n’a pas inventé grand-chose non plus, mais a le mérite de dégager ce « petit truc » des beautés d’antan. Fille spirituelle d’Amy Winehouse et Peggy Sue, elle charme et désarme les badauds d’un battement de (faux) cils sur mouvement nonchalant de sa chevelure wavy et d'une moue mutine à peine sur-jouée. Oui, la new-yorkaise de 25 ans à de quoi faire jaser. Depuis septembre elle a fait les couvertures de V Magazine, des Inrocks ou encore de Tsugi tandis que le Tumblr « lanadelreymeme » s’amuse de ses lèvres sensuellement charnues bien que « botoxées ». Qu’on adhère ou pas, on en parle.
Mais qu’en est-il du fond ? Affaires de goût, les ballades, sur fond de harpes enfantées par Lana Del Rey herself, s’écoutent et se retiennent aisément. Un brin gothique, pas mal érotique, celle qui prône sa « bizarrerie » semble avoir atteint les hautes sphères des « American Beauty » au glamour hollywoodien qu’elle affectionne tant.
Alors, Lana Del Rey magique ou tragique ? La réponse le 30 janvier prochain. Car telle est la dure loi du buzz 2.0 : adulée ou défrayée, vous serez.
Fille spirituelle d’Amy Winehouse et Peggy Sue, Lana Del Rey charme les badauds d’un battement de (faux) cils et d'un mouvement nonchalant de sa chevelure wavy
Texte : Mathilde Fouquet Illustration: Aurélie Jorel
20/01/2012