-Qu’est-ce qui vous séduit dans cette activité, que vous avez impulsée en 2004 chez Louis Vuitton ?
J’adore la liberté d’expression qu’offrent ces accessoires. Il n’y a pas de diktat comme ça peut être le cas en joaillerie, où il faut souvent se limiter aux pierres et métaux précieux. Au contraire, je trouve intéressant de mélanger le vrai et le faux, le naturel et le synthétique, d’expérimenter, de trouver des formes et des matières qui entrent en résonance avec les collections. Marc Jacobs et moi, nous sommes très attachés à cette recherche.
-Et quelles sont vos matières de prédilection ?
Elles évoluent selon les saisons. Pour l’été 2009, nous
avons utilisé de l’éponge et du sable teinté et je pense au silicone pour le futur. J’aime également le métal mais traité différemment, le bois qui se mélange assez bien et casse les codes. Car j’essaye toujours d’éviter les associations évidentes, comme la pâte de verre avec le métal. En France, nous
avons encore la chance de trouver des ateliers extraordinaires, comme Goossens, avec lesquels nous pouvons explorer de nouvelles pistes.
-La création de bijoux de couture est pratiquée depuis les années 1920 par les grandes maisons, mais elle connaît aujourd’hui un nouveau souffle. Comment expliquez-vous ce regain d’intérêt ?
Nous
avons traversé une période de grand minimalisme dans la mode : rien ne dépassait, il n’y avait pas d’accessoires. Mais depuis quelques années, les gens retrouvent l’envie de montrer qui ils sont, et cela passe aussi à travers les bijoux.
C’est une des raisons pour lesquelles je croyais beaucoup à la « fashion jewelry » chez Louis Vuitton. Il y avait un vrai potentiel, une place à prendre dans les collections. Par exemple, le bracelet en résine « Inclusion » inspiré de la toile enduite Monogram, et créé pour la ligne Croisière 2005, est vite devenu un best-seller au sein de la « fashion jewelry », et aujourd’hui l’activité fonctionne très bien.