Comme un garçon
Du Teddy au costume made in Savile Row, ce qui nous plaît le plus chez un homme cette saison, c'est sa garde-robe.
Paul Smith,
collection automne-hiver 2011-2012.
Alexander Wang,
collection automne-hiver 2011-2012.
Céline,
collection automne-hiver 2011-2012.
« Costumiser » le costume
Le masculin-féminin n'en finit plus de revenir. De quoi donner à certains des angoisses: comment encore réinventer ce style si familier ?
Il y a ceux qui choisissent de ne rien faire. Comme Tommy Hilfiger qui fonce tête baissée dans le premier degré. La femme de Wall Street est un homme comme les autres, elle porte des vestons et des chapeaux, aime les rayures et les pochettes en soie.
Et il y a ceux qui préfèrent le twist audacieux, celui qui donne envie de se retourner : comme Dries Van Noten et son costume doré, Stella McCartney et sa veste oversize. Ou encore les rockeurs rockabilly de Dolce & Gabbana, en costume trois pièces, manches découpées, ou pailletés de la tête aux pieds.
Chez Yves Saint Laurent, le costume d'homme fait partie de l'ADN. Stefano Pilati l'a voulu très près du corps, la veste soulignant la taille sur un pantalon 7/8. La version la plus féminine d'une pièce masculine.
Les attributs masculins
La saison veut désenclaver les genres, rendre aux femmes ce qui appartient aux hommes. Une sorte de hold-up du vestiaire de monsieur.
Chez
Chanel, Karl Lagerfeld donne du baggy et du godillot à madame. L'attitude est nonchalante, les mains enfoncées dans les poches. Seules la veste en tweed rappelle où nous sommes.
Alexander Wang et Phoebe Philo chez Céline s'emparent de la chemise à plastron. Le premier joue de l'amplitude, la seconde, du rose bonbon. Car c'est dans l'appropriation et le détournement que les attributs de l'homme révèlent toute leur saveur. Il en va ainsi du teddy qu'on découvre satiné chez
Givenchy et prince de galle chez Saint Laurent. Ou comment rendre délicieusement élitiste une pièce des plus sportswear.
La leçon de Paul Smith
Sir Paul Smith est le maître du dressing de garçon manqué. Tout le défilé du couturier anglais est une variation sur ce thème. Sans artifice, avec décontraction, les habits du grand-père deviennent soudain franchement féminins.
Tout y est : le cardigan à boutons de cuir, le gilet, la cravate, les rayures, le blazer marine à boutons dorés, le pantalon de flanelle gris... Aucune fausse note, ne reste qu’à reproduire la liste. L'étudiante un peu nerd de ce campus rêvé n'a jamais été aussi désirée…
Emmanuelle Ducournau
28/11/2011