Seconde peau
Longtemps boudé, l'imprimé animalier est maintenant confortablement installé dans les réflexes mode de bon ton. Plus grisant que l'uni, moins galvaudé que la rayure horizontale, il offre une dose d'audace vivifiante. Et dès lors se décline à l'envi. Outre le fameux python qui a fait son grand retour cet hiver à la faveur des défilés Chloé et
Prada, les reproductions de peaux animales se bousculent. Dolce & Gabbana convoquent la savane pour faire naître une femme tigre, visiblement adepte de rock'n roll. Avec des derbies et sur un costume trois pièces, l'écueil de la vulgarité est évité. On précisera que le tigré ne se porte pas avec des escarpins. Jamais. Non sans humour, Christopher Bailey chez
Burberry Prorsum suggère l'imprimé vache : drôle, décalé, donc réussi. Roberto
Cavalli, lui, refuse de trancher : il opte pour le patchwork multi-peaux et mélange - avec force de foulards - les imprimés léopard, python, croco, etc. L'heure est au mix de motifs, ça tombe bien. La
palme de l'audace revient à
Prada avec ses robes "écailles de poisson" : quitte à changer de peau, autant surfer sur la tendance "ridicool" qui, enfin, fait entrer la mode dans l'ère du second degré déjanté.
Tête de bête
Mais le monde animal ne se contente pas de fournir tâches et zébrures. Source inépuisable de motifs, certes, mais pas seulement. La bête est aussi courtisée pour elle-même, au point de figurer dans son entier sur les silhouettes. Ricardo Tisci frappe les sweats
Givenchy d'une tête de panthère noire, tous crocs dehors. Et voilà le survêt le plus désiré de la planète mode. Dans la même veine, Giles Deacon, chez Emmanuel Ungaro, plébiscite pêle-mêle têtes de loups et de corbeaux. Charles Anastase, lui, préfère l'inspiration équestre avec cette robe rouge frappée d'un grand cheval antique. Exigeant et très remarqué. Ou comment renouveler la tendance parc animalier en puisant dans l'histoire de l'art. Bien vu.