Yes we Cannes !
Aux marches du Palais des Festivals... mieux vaut éviter de se retrouver au tapis sur le tapis rouge. Petit manuel de style à l'usage des festivalières.
Poupoupidou
Au Festival de Cannes, sur le tapis rouge, l'audace est autorisée voire
requise. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Petite subtilité
cannoise : toute erreur entraînera la mort... médiatique. Temporaire,
donc, mais néanmoins douloureuse. Voici donc comment éviter la bévue et
le flinguage en règle.
Dans cette robe plumée Alexander McQueen - ou
celle au buste de glycine d'or -, l'extravagance fait jeu égal avec
l'élégance. Bilan coût-avantage positif. Chez Vuitton, l'option
dentelles et V profond est plus aventureuse, même si être quasi-nue
devant le Palais des Festivals n'a plus rien d'outrageant. A condition
d'avoir suivi le régime carottes-amandes de Natalie Portman pour « Black
Swan ». La voix de la raison emmènera les plus tempérées vers les
tenues d'Elie Saab. Avec leur lot de paillettes, de satin et d'épaules
dénudées, difficile de faire un raté, glamour assuré. Les femmes plus
fatales et moins ingénues préféreront le bleu nuit de Giorgio
Armani. Et
pour un hommage réussi à Audrey Hepburn, choisir cette robe très
inspirée d'Oscar de la Renta, à la fois sophistiquée et cinéphile.
Je suis un homme
Le smoking sur red carpet c'est un peu la tarte à la crème estivale.
Tous les ans, une actrice estime que sa féminité peut transcender les
genres. Elle n'a souvent pas tort. Mélanie Laurent avait ainsi marqué la
Croisette en paradant, en 2009, dans un probant costard blanc.
DSquared2 en propose un très premier degré, avec nœud pap intégré, tout
droit sorti du vestiaire masculin et pourtant très féminin.
Chez Hermès,
la femme virilisée prend des airs d'écuyère, sans oublier - Cannes
oblige - de dévoiler la gorge jusqu'au nombril. Chez Yves Saint Laurent,
les emprunts aux codes de l'homme révèlent comme toujours les atours du
deuxième sexe. Le smoking devient robe parfaite sur les épaules
graciles de Freja Beha, quand le tailleur pantalon se fait combinaison.
Chez Maison
Martin Margiela, la femme en costume joue de l'angle en
trompe l'œil. Une bonne façon d'attirer l'objectif en faisant un pied
de nez aux robes pailletées.
Avant-garde rapprochée
Les plus téméraires et moins conformistes affirmeront, sur le tapis
cannois, leur sens aigu de la mode. Signer son avant-garde c'est choisir
un créateur pointu et fort en gueule, histoire de trancher avec la
flopée de décolletés aussi pigeonnants que prévisibles. Pour être sûre
de sidérer, opter pour l'épure drapée de Haider Ackermann, valeur
montante, en lice pour succéder à Galliano et dont Tilda Swinton
raffole.
Pour s'inventer en guerrière des temps modernes, miser sur la
robe en feuilles de cuir d'Alexander McQueen. Pour un trip "reine de la
jungle cannoise", cette pièce
Gucci assure un sens de l'humour
salutaire. Les branchées adeptes de fêtes en rooftop préféreront les
robes intellos flashy de Miu Miu, histoire d'établir un net distinguo
avec les simili-Bardot.
La montée des marches au Festival de
Cannes peut s’avérer périlleuse… pour ne pas faire de faux pas, optez
pour une robe glamour, un smoking ou une tenue hyper avant-gardiste
Emmanuelle Ducournau
09/05/2011