Clash d'imprimés
Cet été, les motifs se mélangent copieusement. Rayures sur liberty, petits pois sur gros carrés, des plus barrés aux plus sages, leçon d'assemblage par paliers. A l'abordage du dépareillage !
Collection Printemps-Été 2011,
Sonia Rykiel
Collection Printemps-Été 2011,
Kenzo
Collection Printemps-Été 2011,
Kenzo
Collection Printemps-Été 2011,
Miu Miu
Collection Printemps-Été 2011,
Vivienne Westwood
Collection Printemps-Été 2011,
Prada
Collection Uber tropikal Airlines
Printemps-Été 2011,
Jean Charles de Castelbajac
Collection Printemps-Été 2011,
Ralph Lauren
Collection Printemps-Été 2011,
Stella McCartney
Collection Printemps-Été 2011,
Ralph Lauren
Free fighters
Associer des imprimés dépareillés, c'est le grand chambardement de l'été. Les motifs s'entrechoquent dans un combat à mains nues, le tout sur une même tenue. Dans cette bataille de motifs, certains sortent l'artillerie lourde. Victoire par K.-O. pour
Prada qui, sans retenue ni concession, mixe grosses bananes et rayures
oranges, ou singes jaunes et stries vertes. Le résultat est inoubliable, imprimé à jamais sur la cornée. Une audace folle et parfaitement maîtrisée.
Vivienne Westwood organise un clash tout aussi radical en orchestrant la rencontre du sequin brun et du tie and dye bleu. Quand ce n'est pas le brocard et la rayure. Tout aussi déluré, Jean-Charles de
Castelbajac joue également la partition de la libre association : top jaune à pois noirs sur pantalon bouffant africain. Seul Félix le chat fait le raccord sur cet ensemble qui bouscule les habitudes et les repères. Car c'est bien l'enjeu du clash d'imprimés : prendre une distance insolente avec des usages qui engoncent. Inédit et salutaire.
Harmonieux désaccord
Sur le chemin de la transgression, certains se font plus diplomates. Voire pédagogues. Sans pour autant renier l'intention de tout mélanger. Sonia Rykiel associe ainsi pois et pissenlits en les liant par la couleur jaune. Et ses rayures changent de taille, créant un effet de contraste réel mais adouci, accessible. Chez
Kenzo, Antonio Marras organise entre les motifs une joute expressive mais polie. Une rencontre plus qu'un affrontement. Au fil des superpositions, se noue le dialogue des matières et des imprimés, formant une succession d'assemblages harmonieux. Chez Miu Miu, les imprimés distincts s'associent certes, mais conservent les mêmes codes couleurs. Rappels de rouge, de gris ou de bleu nuit donnent une cohérence aux discordances.
Ni vu ni connu
Clash en sourdine chez Ralph Lauren, avec cette association de petits carreaux et fines rayures. A peine perceptible, le choc des imprimés - bleu sur blanc dans un esprit pionnier - se fait ici à dose homéopathique. Tout au plus ose-t-on la chemise bûcheron sur jupe perlée, et c'est bien assez. Pour Stella McCartney, le mix de motifs relève presque du trompe-l'œil. Nul effet patchwork sur cette robe fendue puisque l'un découle de l'autre. Ces petits agrumes sur grands agrumes sont aisément portables, sans rien sacrifier à l'originalité. De l'art d'innover sans heurter.
Oubliez tout ce que vous savez, cet été les imprimés se mélangent à l’envi dans un clash frontal inattendu mais stimulant, ou en sourdine, l’air de rien
Emmanuelle Ducournau
04/07/2011