Toutes à Pois !
Parce qu'il a obsédé plus d'un créateur cette saison, le pois fait un retour en force. Mais rarement au premier degré... de quoi donner à sa garde-robe automnale un souffle d'humour et de légèreté.
Stella McCartney
Collection Automne-Hiver 2011-2012
Paul Smith
Collection Automne-Hiver 2011-2012
Marc Jacobs
Collection Automne-Hiver 2011-2012
Marc Jacobs
Collection Automne-Hiver 2011-2012
Diane Von Furstenberg
Collection Automne-Hiver 2011-2012
Pièce maîtresse
En mode, les monomanies ont souvent du bon. Et quand Marc Jacobs fait du pois le fil conducteur de toute sa collection, on touche à la perfection. Jamais une redite et autant de passages que d'innovations. Marc Jacobs réussit le tour de force de nous montrer le pois comme on ne l'avait jamais vu. Sa taille d'abord, d'une circonférence inédite, comme passée à la loupe, donne à ses imprimés all over une tenue et une modernité indiscutable. La touche sixties est évidente, mais elle semble presque anecdotique tant ce show est annonciateur de références nouvelles. Le pois star donne de la texture aux tailleurs, les futurise en feignant l'esprit rétro. Puis soudain, le pois se fait lui-même matière sous la forme de gros sequins-écailles, et plus encore sur cette robe de disques bleus qui rappelle l'oeuvre d'un
Paco Rabanne. Magistral.
La sphère perd la boule
Diane von Furstenberg s'approprie le pois pour lui donner un sérieux coup de fouet. Exit l'allure timide de jeune fille de bonne famille. Chez DVF souffle le vent - exaltant - d'une folie douce. Le pois débridé fait des trous travaillés dans une longue robe ultra-moulante. Il s'associe gaiement à d'autres motifs pour un mix and match très réussi, ou encore se répand de l'écharpe à la jupe en passant par le body transparent... quand il ne se couvre pas d'or pour booster le bleu d'une robe ample. La grande Diane ne s'est pas laissée berner par le pois, elle l'a dominé et réinventé.
Deux pois, deux mesures ?
Stella McCartney décline, elle, le motif de son obsession : à ma droite le plumetis, à ma gauche les grosses pastilles. On comprend là qu'à ce jeu de variations, la créatrice trouve le moyen d'élargir le chemin de son imagination. Mais son parti pris reste cependant immuable : quelle que soit sa taille, le pois ne cache pas, il dénude. Finement posé sur voile noir ou sur voile blanc, il révèle la chair prude. Tout en conservant son ingénuité.
L'art du contre-pois
Paul Smith a tout compris. Le pois n'est jamais mieux employé que lorsqu'il est pris à contre-pied. Le pois frivole, léger et guilleret, vient réveiller une tenue masculine et stricte, qui serait a priori son antithèse. Savoir manier les contraires, c'est ce qui donne la profondeur, le corps et l'originalité d'une allure. Sur une veste ou un pantalon, associé à une tenue sobre et unie, le pois confère ce twist décalé qui rend la silhouette aussi drôle que futée. Il suffisait d'y penser.
Emmanuelle Ducournau
03/10/2011