Maria Luisa, le style avant tout
Chasseuse de style sans concession, Maria Luisa a mis en avant dans sa boutique pendant plus de 20 ans de jeunes pousses, aujourd'hui cultes. Elle nous livre sa vision de la mode.
Maria Luisa
Collection printemps-été 2011
Maria Luisa
Collection automne-hiver 2011
© Manuel Bougot
Corner Maria Luisa au Printemps Haussman
Richard Nicoll
Collection printemps-été 2011
Jonathan Saunders,
Collection printemps-été 2011
Maxime Simoëns,
Collection printemps-été 2011
Vous avez arrêté votre boutique multimarques après vingt ans de succès, vous avez senti le vent tourner ?
J’ai eu l’impression d’avoir fait le tour du commerce indépendant. Ma boutique fut prescriptrice avec
Balenciaga, par exemple, que nous
avons eu en quasi-exclusivité pendant trois ans, et qui a aujourd’hui des boutiques partout dans le monde.
Pour la deuxième année, vous collaborez avec les 3 Suisses, qu’est-ce qui vous plaît ?
Les 3 Suisses me donnent l’occasion de faire découvrir mon label et mes coups de cœur, c’est une très belle visibilité, on s’adresse à plus de 10 millions de Françaises ! Cette saison, nous mettons en avant trois étoiles montantes : Maxime Simoëns, Richard Nicoll et Jonathan Saunders. Ils ont imaginé des mini-collections pour les 3 Suisses et ont su adapter leurs vêtements à des contraintes de prix, tout en restant créatifs.
Quel rapport les femmes ont-elles avec la mode ?
Elles ont un vrai appétit. Pour autant, elles ont en marre des it-bags, qui changent chaque semaine, des silhouettes qu’on leur impose dans les magazines. Elles achètent 3 ou 4 petites robes de plage chez H&M et souhaitent une belle veste personnalisée, à la coupe impeccable. Elles veulent des pièces fortes au juste prix.
Comment les femmes achètent-elles aujourd’hui ?
Les habitudes de consommation ont évolué car on peut tout commander sur internet, sans sortir de chez soi. La géographie du shopping parisien a changé aussi, elle s’est américanisée avec la renaissance des grands magasins, qui ont longtemps eu une connotation négative. Je n’étais pas une femme des grands magasins et je me suis laissée prendre au piège au Printemps !
Comment travaillez-vous avec le Printemps ?
Je suis « fashion-editor », un poste créé sur mesure, où j’accompagne le Printemps dans sa mue vers le luxe. J’y ai également ma boutique multimarques - la première au sein d’un grand magasin.
Ma sélection ?
Carven,
Joseph, Rick Owens, Roland Mouret, Manolo Blahnik ou ma propre marque… Les modèles vont de 100 à 4000 €. Jusqu’à fin mai, y sera installé un
pop-up store Cacharel. J’ai eu un vrai coup de foudre pour leur collection fraîche, jolie, pas prise de tête… et les prix restent accessibles.
Quels sont vos autres coups de cœur ?
Olivier Theyskens que je suis depuis ses premières collections, j’adore le look de ses silhouettes à la fois cool et modernes. Haider Ackermann, qui n’arrête pas de grandir. C’est un des prétendants pour
Givenchy. Et Christopher Kane, dont j’aime les pièces impeccablement coupées. Il a une idée qu’il décline en 35 modèles. J’ai adoré ses robes du soir avec applications plastiques transparentes, remplies de liquide fluo. Techniquement très nouveau.
Quels sont les trois basiques dans votre dressing ?
Un pantalon en georgette Rick Owens, un incontournable avec un débardeur ou un gros pull selon la saison. Surtout pas de jean brut, c’est rêche et ça ne fait pas de belles fesses ! Des chaussures
Prada bleu marine avec semelles espadrille. Je ne le fais jamais, mais j’avoue, j’ai couru toutes les boutiques pour les trouver ! J’aime aussi les spartiates dorées de K Jacques avec une robe longue. Jamais de talons trop hauts, quelle inélégance !
Que porterez-vous cet été dans votre maison de Syracuse ?
Une jupe noire vaporeuse de ma collection avec un top décolleté rond. Noir forcément !
Une jupe noire vaporeuse de ma collection avec un top décolleté rond. Noir forcément !
www.marialuisa.fr
Amélie Neiss
18/04/2011