Un défilé futuriste inspiré du passé
À l'occasion de cette collection qui frise l’ironie, le designer anglais revient sur les vêtements, les femmes, les stylistes qui ont marqué la mode. Ce magicien de l’aiguille réinvente les modèles qui l’ont inspiré, créations de grands noms de la couture ou… de lui-même. Plus couture que prêt-à-porter, le défilé témoigne des inspirations du designer : le tweed de
Chanel, le pied de poule de Christian
Dior, l’élégance d’Audrey Hepburn signé Hubert de
Givenchy, le vinyle tout droit sorti des œuvres de Jackson Pollock et bien évidemment l'imprimé arlequin et le style tayloring du créateur lui-même.
Ainsi, Alexander McQueen imagine son propre vintage et transforme son passé en nouveauté. Tissus, coupes, motifs, inspirations, tout y passe !
Des créatures quasi-virtuelles
De façon théâtrale, McQueen joue les metteurs en scène de la mode. Les femmes quasi-virtuelles déambulent, chapeautées d'objets récupérés (rouleaux enrubannées de cellophane, ombrelle sur tête, cage d’oiseau en osier, signé Philip Treacy) et chaussées de talons/échasses fétichistes avoisinant les 20 cm ! Des filles sans âge qui ne sont pas sans rappeler le personnage de Katherine Helmond dans Brazil de Terry Gilliam, avec leurs visages lissés à la peinture blanche et grimés de lèvres XXL rouges sang ou gothique noires, telles des héroïnes bondage.
Une scénographie apocalyptique
Alexander McQueen ne nous a pas seulement invité à regarder des vêtements par dizaines dans un décor joliment léché. Chez le designer, on vient voir un show, un vrai ! Le nom du spectacle ? « The Horn of Plenty », traduisez « La corne d’abondance ». Cet hiver, il nous a plongé dans un décor totalement noir, carbonisé. Au centre de la salle Marcel Cerdan du Palais Omnisport de Bercy, un cimetière d’objets utilitaires comme une sculpture d’Arman trône sur un sol miroir brisé. Chez McQueen, on aime la rupture alors quand il présente un défilé couture, cela ne se passe pas dans un palace! Alexander McQueen, sacré roi des opposés qui s’attirent.