Un nouveau genre
Comme un idéal de vivacité et de modernité, Yves Saint Laurent a impulsé l’allure androgyne et nourri le charme trouble qui lui est associé. Après avoir proposé son premier smoking pour femme en 1966, il rêvait d’inventer pour le genre féminin un équivalent du vestiaire masculin, élégant, évident, sans froufrous ni chichis. Chic par excellence. La vaste rétrospective qui lui est consacrée au Petit Palais développe cet aspect de son œuvre qui n’est rien moins que social, au-delà du domaine de l’esthétique. Dans les mots de Pierre Bergé : « On a souvent dit que
Chanel avait libéré les femmes. C’est vrai. Des années plus tard, Saint Laurent devait leur donner le pouvoir. Le pouvoir, on le sait, est détenu par les hommes ; aussi, en s’inspirant du vestiaire masculin, en faisant glisser les épaules d’un homme sur celles d’une femme le caban, le tailleur-pantalon, la saharienne, la blouse normande, Saint Laurent le leur a transmis. Il a œuvré socialement, plus que beaucoup d’autres, pour l’égalité des sexes et pour la reconnaissance d’une femme moderne, laquelle n’est pas un objet mais participe à la vie de son temps et affiche ses certitudes
Spencer en flanelle de laine, manteau sans manches en gabardine de coton, cardigans en cachemire très fin, ou veste en cuir lavé, la collection Unisex de YSL n’est plus en édition limitée !
En reprenant les rênes de la maison Yves Saint Laurent, le directeur artistique Stefano Pilati a hérité de ses codes masculins-féminins. C’est avec aisance qu’il s’essaie à cet exercice de style avec la première collection Unisex, en février 2009. L’idée ? Adapter carrément à la femme des modèles de la collection masculine, également dessinée par Pilati. En édition limitée, elle n’était disponible que pendant la fashion week. Le succès est vif, et un an plus tard, la seconde édition Unisex voit donc le jour ce printemps. Même principe, mais cette fois, plus de limitation dans le temps. C’est donc un peu plus sereine que l’on court dans une boutique Yves Saint Laurent se procurer un spencer de flanelle de laine, un manteau sans manches en gabardine de coton, une combinaison en toile de coton, d’impeccables cardigans en cachemire très fin, ou une veste en cuir lavé. Citadine, la palette mise sur des tons neutres ou sourds, ivoire, beige, ardoise, noir. L’allure est élégante et très décontractée, jamais trop apprêtée, les textures se font râpeuses ou légèrement froissées. D’une justesse imparable, la modernité de cette collection ultraportable reste fidèle à l’ADN de la maison. Encore un petit pas en avant pour la femme…