Toujours prompt à lancer un bon mot, Karl Lagerfeld a labellisé l’attitude à adopter en ces temps de crise : la « nouvelle modestie », une sobriété discrète qui balaie d’un revers de main le clinquant des ex-nouveaux riches.
Première solution : des couleurs classiques sans fioriture ni dorure, un beau cuir à peine brillant voire mat (suède), pas de logo ni d’inscription ni d’imprimé, et une forme presque basique, quoiqu’il en soit, pratique… La recette gagnante a été plébiscitée par Yves Saint Laurent avec le Easy, le Roady par
Prada, ou encore
Balenciaga avec son néoclassique en suède. Enfin, en ces temps troublés, les sacs BCBG de
Bottega Veneta, dont les détails en cuir tressé évoquent le travail expert des maroquiniers italiens spécialisés, triomphent.
Deuxième solution : opter pour le sac rétro-vintage, totalement intemporel et donc « tellement automne 2009 ».
Outre la pléthore de formats enveloppes ou carrés à anse chaîne inspirés du modèle 2.55
Chanel, la maison Nina Ricci surfe sur l’air du temps et lance enfin une ligne de sacs, poétiquement baptisée Ondine. Soit quatre formes déclinées dans des peaux luxueuses et une vaste palette de coloris, à ganses et anses-chaînes torsadées.
Troisième solution, sortir des sentiers battus
Lorsque l’achat d’un nouveau sac à main est longuement soupesé, les petits créateurs indépendants ont une carte à jouer, pour peu qu’ils utilisent des peaux d’une qualité vraiment exceptionnelle et une fabrication artisanale soigneuse. Pour un prix équivalent à ceux pratiqués par les grandes maisons, voire moindre, on s’offrira, par exemple, un cabas en cerf de Nuit n°12, incrusté de crânes en métal. On disposera alors d’une pièce rare, empreinte d’un univers singulier, qu’on conservera précieusement et qu’on portera sans crainte de croiser le même dans la rue ou à un dîner. Et on sera si fière de sa propre nouvelle modestie