Le photographe qui m’accompagnait lors de la présentation de la MiTo m’a expliqué que « pour une fois, cette Alfa avait des chances de marcher car elle était belle et bien foutue ». Sa confidence « off » est intéressante, car outre le fait de ne pas avoir sa langue dans sa poche, il n’est en général pas tendre avec les voitures italiennes, ce qui s’explique aisément puisqu’il ne jure que par les
Audi. Autant essayer de convaincre un amateur de blondes de s’intéresser aux brunes.
Du coup, je me suis dit qu’Alfa Romeo tenait peut-être sa fameuse Mini à l’italienne. Que faut-il en retenir ? Une gueule, 4 mètres de long, trois portes uniquement, une planche de bord bien dessinée qui fait costaud, un intérieur cuir fauve craquant et une imitation carbone teinté bronze très réussie qui confère un véritable cachet à l’ensemble. À ce sujet, on vit réellement une époque bénie en automobile les designers rivalisant d’imagination pour créer de la valeur dans le moindre détail. C’est simple, en s’asseyant dans certaines voitures modernes on a envie de toucher, palper, triturer, à tel point que l’on se demande parfois si on ne voudrait pas juste les posséder comme de beaux objets, sans forcément s’en servir pour se déplacer.
La promesse d’Alfa Romeo concernant la MiTo est d’offrir la compacte la plus sportive du marché. Alfa a donc sorti le grand jeu en dotant son dernier bébé d’un moteur essence turbo de 155 ch et d’un arsenal technologique inédit qui a d’ailleurs retenu l’attention de la presse internationale. De quoi s’agit-il ? Je passe sur le différentiel électronique Q2 qui garantit une meilleure tenue de route en virage, la direction active qui vous suggère le bon angle de braquage dans certaines situations, les amortisseurs avec ressort de rappel pour mieux contrôler le roulis, pour retenir le plus spectaculaire d’entre eux, le système DNA.
Il s’agit d’un contacteur en chrome (justement très bien dessiné comme une pièce d’orfèvrerie) qui propose trois types de conduite, dynamique, normal, ou tout temps, en modifiant le paramétrage de la réactivité du moteur, des freins, de la direction et du seuil d’intervention de l’ESP. Concrètement, le mode dynamique rend la MiTo plus réactive et plus ferme, en un mot plus communicative avec la route, histoire d’enfiler les mitaines à trou-trou trou avant la montée du col de Vence. Pour être franc, je n’ai pas toujours senti toutes les nuances du système, mais on s’amuse au volant et sincèrement « ça le fait ». La MiTo vous donne le sentiment de conduire et non pas juste de rouler. L’essentiel est atteint.
Maintenant le débat est ouvert pour savoir si la MiTo est plus agréable ou non à conduire que la Mini. Les duels vont fleurir dans la presse auto, mais sachez qu’une version super-sport GTA de 230 ch est au programme en 2009, histoire de mettre tout le monde d’accord et notamment la Cooper S qui ne fait « que » 175 ch. À mon avis, au-delà du débat d’expert, la vraie question est de savoir si la MiTo deviendra tendance, le Graal qui justifie de la payer plus cher qu’une bonne Peugeot 207. Cela ne se décrète pas, mais la MiTo a toutes les cartes en main.