Poursuivi sur les routes de Sardaigne par les sbires du démoniaque Karl Stromberg, Bond n’hésite pas à précipiter son bolide dans l’océan qui se transforme en sous-marin sous les yeux ébahis de la belle Anya Amassova, sulfureux agent du KGB. J’avais dix ans. Je me suis alors juré de séduire un jour une espionne russe au volant d’une Lotus blanche et de devenir aussi cool que Roger Moore.
30 ans ont passé et à défaut d’œuvrer pour les services secrets de sa très gracieuse majesté (de toute façon comment ferais-je pour l’avouer ?), le passage d’une Lotus provoque toujours chez moi un frisson indicible. Sensation hélas fugace, le petit constructeur britannique n’ayant dévoilé aucune nouveauté depuis le roadster Elise en 1996. Alors évidemment, quand j’ai appris que Lotus présentait en juillet à Londres l’Evora, une GT héritière de la fameuse Esprit, Roger Moore s’est soudainement rappelé à mon bon souvenir et j’ai décidé de me mettre au russe.
Mais cette Evora possède t-elle les attributs de la « coolitude Bondienne » propre à faire fantasmer les quadras ? S’il est trop tôt pour se prononcer (les essais officiels sont prévus au printemps 2009), sa carte de visite à la saveur d’une bonne bande-annonce : Coupé compact de 4,34 mètres de long, structure en aluminium et moteur V6 de 280 ch d’origine Toyota placé en position centrale arrière. Fidèle à sa doctrine de voitures légères, Lotus annonce une masse contenue de 1 350 kg, ce qui rassurera les fans de l’Elise qui ne jurent que par le rapport poids/puissance et l’agilité qui en découle. Le 0 à 100 km/h frise les 5 secondes et la vitesse de pointe les 250 km/h.
Mais la vraie révolution de l’Evora est intérieure. Jusqu’alors, conduire une Elise imposait de faire vœu abstinence sur les équipements de luxe et de conforts. Sympathique lors d’une ballade en week-end, mais rédhibitoire sur un Paris Biarritz. L’habitacle de l’Evora a cette fois de quoi séduire le plus blasé des capitalistes : ABS dernière génération, contrôle de stabilité ESP déconnectable, intérieur cuir intégral, GPS tactile, climatisation, airbags, ordinateur de bord, caméra de recul, stéréo à lecture MP3, prise USB, connexion téléphone main libre... rien ne manque à l’appel du XXI siècle. Ultime « Big Bang » pour un amateur de Lotus, l’Evora dispose d’un coffre capable d’accueillir deux sacs de Golf et les minuscules sièges arrière possèdent deux fixations Isofix pour siège bébé ! De là à troquer votre break
Audi pour une Evora, il n’y a qu’un pas.
Les tarifs ne sont pas encore connus, mais on peut tabler sur une fourchette entre 50 000 et 65 000 euros, histoire de vous faire hésiter avec une
Porsche Cayman S. L’histoire ne dit pas si l’Evora sera disponible en blanc avec l’option sous marin intégral, mais au cas où je lance un appel aux espionnes russes qui voudraient m’aider à tenir ma promesse d’enfant. Rendez-vous à Londres au printemps 2009 !