Il y a presque 13 ans, Peugeot faisait sensation sur le marché du deux-roues en présentant son premier scooter électrique, le Sweet’élec. Les plus optimistes prédisaient déjà la mort du deux-roues polluant et pétaradant. Le succès plus que mitigé du modèle Peugeot suivi de l’arrêt de la production en 2003, refroidira les enthousiasmes.
Depuis, le scooter électrique végète. Impossible de savoir combien il s’en vend chaque année en France. « A priori moins d’un millier, indique Sophie Charvet, chargée de mission à l’espace mobilités électriques, lieu d'information et de conseil sur les véhicules à propulsion électrique créé par EDF et la Ville de Paris. Il n’y a pas de statistiques précises. On sent néanmoins un regain d’intérêt pour ce type de deux roues.»
Il faut dire que sur le papier, le scooter électrique a des avantages. Silencieux, il ne coûte que 50 centimes d’euros au 100 kilomètres et n’émet aucun gaz à effet de serre. Il existe cependant des freins importants au développement de cette famille de deux roues. Le choix d’abord. Il est limité à quelques modèles, la plupart commercialisés par des PME inconnues du grand public, qui se contentent d’adapter des
machines conçues pour rouler au pétrole. Souvent, le confort d’utilisation, l’ergonomie s’en ressentent.
De plus, les équivalents 125 cm3, adaptés aux trajets inter-urbains, sont plutôt rares et loin d’offrir le même rapport qualité prix que leurs homologues à moteur thermique. Deuxième handicap : la recharge. Sur un vélo électrique, la batterie est amovible. On peut l’emporter chez soi. Avec un scooter, il est impératif d’avoir un garage ou au moins une borne de recharge à proximité de son domicile. A Paris, il en existe 84 dans les différents arrondissements parisiens, une vingtaine en proche banlieue. De nombreux parkings souterrains sont aussi équipés. Dans les villes de province, le service est beaucoup plus rare. Il faut donc impérativement se renseigner avant d’acheter si on veut pouvoir rouler tranquille.
Avec l’arrivée des batteries Lithium-Ion, les deux-roues électriques ont gagné en autonomie. On peut désormais faire entre 40 et 70 kilomètres avant de devoir trouver une prise de courant. C’est largement suffisant pour une utilisation en ville, à condition toutefois de savoir exactement où l’on va pouvoir faire le plein d’énergie.
Un équivalent 50 cm3 pour la ville
Agréable à conduire mais bridé à 45 km/h, le E-Max 110 S qui n’est pas un scooter thermique bricolé mais une création pure, est une alternative crédible au scooter classique pour les courts déplacements quotidiens en ville. Son autonomie oscille entre 60 et 80 kilomètres. Côté design, on aime ou on n’aime pas.