Black & Blue
Aux côtés du blanc estival, le vestiaire masculin nous plonge dans une nuée de noir, gris et bleu marine, illuminée de pointes de couleurs fulgurantes et vitaminées. Décryptage.
Lacoste
Collection PE 2011
Raf Simons
Collection PE 2011
Margaret Howell
Collection PE 2011
Tommy Hilfiger
Collection PE 2011
Givenchy par Ticardo Tisci
Collection PE 2011
Yves Saint Laurent
Collection PE 2011
Emporio Armani
Collection PE 2011
Dries Van Noten
Collection PE 2011
© Patrice Stable
Dior collection PE 2011
Les noirs mats, les gris légers ou orageux ont contrasté avec la tornade blanche qui a déferlé sur les podiums des collections masculines de l’été 2011. Démonstration chez
Dior Homme où ces deux couleurs sont travaillées à l’infini. Le fameux gris vient en contrepoint du noir le plus pur et Kris van Assche apporte ici la preuve que les couleurs sombres ne sont pas ennuyeuses. Elles peuvent même être légères l’été et surtout chic et sexy. Ce registre dark attitude règne aussi chez
Lacoste qui ose le noir - avec un beau soleil blanc qui illumine un t-shirt - et le gris en total look.
Le noir est traité comme une évidence chez Emporio
Armani, là encore de la tête aux pieds, veste comprise. On aime bien aussi sa ligne d’un gris délicat, où flottent des impressions de nuages. Quant à Ricardo Tisci chez
Givenchy, il a moiré ses noirs profonds pour le soir, tandis que Stefano Pilati chez Yves Saint Laurent nous sert un homme attirant, exotique, sanglé dans de stricts costumes sombres comme la nuit, à peine éclairés de motifs abstraits très discrets posés sur les chemises.
L’autre tendance forte ? Le navy. Le bleu, couleur chérie des hommes, offre toutes les variations imaginables. Agnès b. le présente au premier degré, franchement marine et même à rayures pour accentuer le côté moussaillon. Idem pour Tommy Hilfiger qui nous démontre que, si on est Américain, on peut porter un costume marine… avec des chaussettes
orange vif ! Mais Margaret Howell remet les pendules à l’heure en total look. Elle décline le tout en nuances, faisant passer un « costume » du marine au bleu Mao.
Antonio Marras pour
Kenzo a incroyablement bien travaillé le bleu. Ici, ce sont des éclaboussures d’encre de chine ou de bleu méditerranée ou indigo sur du blanc, des chemises reblanchies ou repeintes, des bleus forts, et même largement maritimes. Même Dries Van Noten s’est transformé en Pollock pour jeter de la peinture fraîche et bleuie sur des blousons. Un autre virtuose de la couleur, Olivier Strelli, a osé en écharpes les motifs bleus à rayures ou des batiks d’un bleu profond entrelacés de filets blancs. Très réussi.
Une note colorée vient égayer ces tons d’orage. Et le bonheur est aussi dans le vert pré ou menthe, le vermillon ou l’orange pétard. Mais, attention, de l’ordre du micron. On a cité la chaussette
orange (Hilfiger), ajoutons un mocassin rouge vermillon (Hackett) ou des chaussures à lacets de couleur chez Dunhill sur costume strict en fine laine charbonneuse.
Raf Simons, lui, a finement opté pour des empiècement teintés d’orange ou un simple zip allongé d’un ruban vert sur ses « Men in Black ». Vous l’avez compris, toutes ces couleurs en jettent mais ne vous sautent pas à la figure.
Elisa Morère
16/03/2011