Anti-givre
Chez Dolce & Gabbana, la fourrure joue la carte de l'Inside-out, sans excès de coquetterie. Ici, la pelisse n'est pas un signe extérieur de richesse, c'est une arme contre le froid. Utilitaire, donc sans fioriture, elle se pose en souplesse sur un blouson sportswear qui semble avoir été retourné, comme sur un manteau long ou une veste sans manche. Des pièces qu'on verrait sans mal sur les pistes, plutôt côté poudreuse que vin chaud. Chez Maison
Martin Margiela, la ferveur récup crée des pièces hybrides. Comme ce manteau de trappeur, long et rapiécé, où la fourrure qui rehausse le col n'est qu'une matière de plus. Sans maniérisme aucun, elle est l'apanage d'une virilité brute.
Ornementale
L'homme John Richmond aime le rock et les dégaines de dandy. A Oscar Wilde, il vole l'amour d'une fourrure ostentatoire. Résultat : une posture d'esthète post-punk, dont le raffinement doit beaucoup à cette riche étole jetée sur les épaules. Les manteaux mélangent nylon et fourrure, laquelle structure la silhouette, l'élance et la leste d'une certaine opulence. Chez Roberto
Cavalli, en mode groovy, l'inspiration est radicalement seventies, sans rien sacrifier à l'élégance. A porter comme l'exige le défilé : sur un costume ou sous un pardessus. Toujours subtile, l'exigeant Dries Van Noten préfère la fourrure par petites touches. Less is more, une fois encore. Sur le col seul ou - et voilà une des plus belles innovations de la saison - sur le revers de la veste. Posée à un emplacement inédit, devenue détail qui tue, la fourrure surprend enfin. On la considère, la regarde à nouveau pour ce qu'elle est. Une matière noble, rare, dont il faut user avec parcimonie. Une gageure que le maître d'Anvers relève haut la main.