Total look
Avec délicatesse, Kris Van Assche revisite les costumes de grand-père, couverts de carreaux discrets, de la veste au pantalon. Urbains, ces ensembles poussent l'innovation, sans outrance, avec exigence. Des zips, une écharpe intégrée, des poches plaquées, la modernité des cols... Autant d'éléments qui déclinent une poésie de bitume sur une variation de gris. Giorgio
Armani joue, lui aussi, sur l'idée des carreaux en all over. Beaucoup plus voyants, ils sont ici un motif à part entière. Le tout étant d'assumer. Mais
Armani creuse aussi toutes les possibilités du carreau. Associé à des rayures, pour un mix d'imprimés tout à fait dans le ton de la saison. Ou par simple touche, sur une écharpe, pour égayer un long pardessus gris.
Carreaux rétro
Christopher Bailey est allé chercher l'inspiration dans les archives de
Burberry pour cette collection qui fait la part belle aux manteaux sixties. Des coupes amples et structurées accueillent de larges carreaux colorés : bleu, jaune, rouge... dans le respect de la traditionnelle nappe de pique-nique. Un l'humour subtile et bienvenu, des teintes audacieuses, des oversize viriles,
Burberry Prorsum fait du carreau le meilleur moyen de réviser ses classiques.
Carreaux barrés
Le pull est pop chez Versace qui débride les carreaux à coup de motifs graphiques. Les lignes se croisent dans une géométrie variable qui réveillent les beiges et les gris à coup de bleu azur, quand ce n'est pas un rose fuchsia. La preuve que le rétro n'est pas toujours porteur de "déjà vu". La création est toujours au rapport avec ce pull gris d'inspiration "digital art" dont les cubes noirs évoquent ceux des Space Invaders. Réussi et racé. Chez
Prada, l'esprit fifties plane sur ce polo en maille manches courtes dont les carreaux s'effacent sous des lignes de biais en trompe l'oeil. Les losanges font aussi leur grand retour sur une veste en daim ocre et prune. Pas facile à porter mais franchement branchée. La
palme de la folie douce revient comme souvent à Ricardo Tisci chez
Givenchy. Faisant du carreaux le support de ses extravagances, Tisci lui adjoint des manches de cuir et le dévore de chiens affamés. Pas question ici de se tenir à carreaux. A la bonne heure.