Richard Mille, l’instinct horloger

Entre design futuriste et prouesse technique, les montres Richard Mille ont fait leurs preuves en dix ans seulement. Des créations imaginées par un passionné visionnaire.
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Dix années ont suffi à Richard Mille pour imposer sa marque, véritable ovni dans le monde des tocantes. Entre le premier tourbillon RM 001 lancé en 2001 et la RM 051 Phœnix, créée cette année avec Michelle Yeoh, plus d’une trentaine de modèles ont vu le jour, véhiculant une esthétique avant-gardiste et un concept unique en son genre.

Si n’importe quel amateur reconnaît aujourd’hui ses montres, le propre de Richard Mille est justement de ne pas « marketer » ses produits. « Je sais que c’est un peu anachronique, mais au départ, j’ai voulu accomplir un rêve, créer la montre dont j’avais envie depuis des années », explique cet ancien DG de la division horlogerie de Mauboussin. À cinquante ans, encouragé par des amis avisés tels que Laurent Picciotto de Chronopassion, ou l’horloger concepteur Giulio Papi de APRP (Audemars Piguet Renaud et Papi SA), Richard Mille se décide à laisser libre cours à sa créativité : pas d’ornements superflus ni de gadgets mais des matériaux inspirés de la Formule 1 et une forme dictée par la fonction.
Et la différence paie puisque les premières RM, proposées à 200 000 €, trouvent rapidement acquéreurs.

Dix ans après, Richard Mille lance 5 à 6 nouveautés par an et produit environ 2 500 pièces par an. Un volume volontairement restreint afin de préserver le caractère exclusif de la marque, dont les modèles oscillent entre 35 000 € et 650 000 € (hors sertissage), avec un prix moyen au-dessus de 100 000 €.
Pour entretenir l’intérêt, Richard Mille ne cesse de surprendre : avec de nouvelles formes de boîte telles que la RM 033 ronde et extra-plate, avec des innovations techniques comme le rotor débrayable de la RM 030, fruit de 4 ans de développement, et enfin grâce à des partenariats avec les plus grands sportifs. Le pilote de F1 Felipe Massa, le joueur de tennis Rafael Nadal et le golfeur Bubba Watson ont ainsi inspiré des modèles qui résistent à leurs exploits sportifs et qu’ils arborent au poignet durant les compétitions. La légèreté, la résistance aux chocs et le confort s’imposent ainsi comme les valeurs d’une marque tout terrain.

Malgré le chemin parcouru en dix ans, Richard Mille a cependant encore des projets en tête : « Je me refuse à rester figé. D’une part, techniquement, la montre mécanique a encore de nombreux défis à relever. Et d’autre part, pour moi, la haute horlogerie doit s’ouvrir davantage aux mondes du sport, de l’art ou encore de la mode », affirme-t-il. Démonstration cette année à travers deux nouveaux partenariats : avec le mannequin Baptiste Giabiconi et avec le joueur de polo Pablo Mac Donough. « Ces associations créent autant de voies de développement possibles », observe Richard Mille avant de conclure, avec un enthousiasme communicatif, « et c’est sans fin ! ».

Julia Dubreuil
13/09/2011
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